‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 121 sur 493 · GOUVERNEUR DE CASSEL · texte numérisé non relu

GOUVERNEUR DE CASSEL

Varsoiie, 13 janvier 1807.

Je vous envoie les détails des délits qui ont été commis dans le

(1) AFiv 871. — Le commencement de cette lettre a été publié par II. L. di Brotonnk dans la Nouvelle Rente, t. LXXXVI (1894). (S) AFiv 872.

pays de Hesse et dont vous ne me rendez aucun compte dans vos lettres. Elles ne me disent rien. Cependant vous deviez être instruit de ces faits, et vous deviez en rendre compte.

Les habitants d'Hersfeld paraissent coupables. II faut envoyer une colonne mobile de 4,000 hommes, et faire piller la ville de fond en comble pour l'insulte qui a été faite aux 60 soldats de mes troupes.

Il faut par une proclamation ordonner de rendre les armes, et déclarer que tout homme qui sera trouvé armé sera puni de mort.

La ville de Wacht est coupable. Il faut qu'elle livre les quatre principaux auteurs de la révolte, ou qu'elle soit brûlée.

A Eschwegc, qui a été le chef-lieu des rassemblements, il faut aussi qu'on livre les coupables, ou que la ville soit brûlée. Il faut enfin que, de quelque manière que ce soit, le capitaine qui a été le chef soit pris et fusillé.

Vous avez des forces suffisantes. Si, par une faiblesse que je ne puis croire, vous les avez éloignées, faites-les revenir. Faites même demander le 19* de ligne au général Loison à Munster.

Vous avez donc deux régiments provisoires, le régiment de Paris, les fusiliers de la garde et un régiment italien. Le général Thiébault a 1,500 hommes. J'évalue ainsi que vous pouvez avoir près de 10,000 hommes. Augmentez-les, s'il est nécessaire, et qu'enfin le pays soit désarmé. Faites cesser la manufacture d'armes de Schmalkalden ; prenez des otages, et qu'une ville ou quelques gros bourgs soient brûlés. Faites ôter les armes de l'Electeur partout où elles seraient encore ; que les officiers qui n'ont pas pris de service soient sur-le-champ arrêtés et conduits en France.

Toutes ces affaires ont été mal menées. Il est ridicule que les officiers aient été envoyés par les capitaines pour armer les soldats (sic) . Je n'ai jamais voulu qu'on engageât de force; mais enfin il faut que l'outrage fait à mes armes soit vengé par le sang. Si vous n'avez pas assez de 10,000 hommes, je vous en enverrai 20,000.

Quand vos mesures seront bien prises, faites une proclamation. Dites que j'ai été indigné de la conduite de telle et telle ville; prescrivez les hommes que chacune doit livrer sous peine d'être brûlée. Ajoutez que la maison de l'Electeur ne régnera jamais dans la Hesse, puisque ce qui vient de se passer est le fruit de la mauvaise direction donnée à l'esprit public.

Pour effrayer les malintentionnés de l'Allemagne, il faut qu'il reste des traces visibles. C'est ainsi qu'en brûlant le gros bourg de Bignasco en Tan IV, j'ai maintenu la tranquillité de l'Italie.

86 LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON Ir. — 180T.

11 ne faut pas me cacher la vérité. Faites on relevé de tons les délits, un état des hommes qui ont été tués, et rendez-moi compte des choses dans leur jour véritable. Il est des hommes qui se sont bien comportés, tels que le major de Schmalkalden ; témoignez-leur ma satisfaction.

Faites écrire par les consistoires aux ministres qu'il arrive beaucoup de troupes, qu'il va en arriver encore davantage, et qu'il faut, si le peuple veut s'épargner de grands malheurs, qu'il s'exécute et qu'il fasse connaître les auteurs de cette révolte.

Je ne vois que faiblesse dans votre lettre du 3 janvier. Vous dites que le capitaine Huscart a été forcé de prendre service parmi les insurgés. Je n'ai jamais accepté cette défaite. On ne prend jamais malgré soi le service pour un commandement. Il doit payer sa conduite de sa tête.

11 est possible qu'on ait enlevé les armes de Tref&irt; mais il n'en est pas moins vrai que les révoltés ont aussi pris les propres armes que vous envoyiez pour armer les soldats.

Je vois avec peine que vous êtes dans l'intention de me renvoyer les troupes que vous avez. Je prends au contraire des mesures pour les augmenter. Aucune troupe ne doit sortir de Cassel que l'affront fait à mes armes ne soit vengé. Je puis me passer de 15,000 hommes à présent; plus tard, je ne le pourrais peut-être plus. J'attends de vous de l'activité et de la fermeté. Il passe tous les jours un de mes courriers à Cassel. Envoyez-moi un rapport par chacun d'eux. Expédiez même, s'il le faut, des courriers extraordinaires. J'ai hâte d'apprendre que mes aigles ont été vengées.

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