CONSEILLER D'ÉTAT
Saint-Cloud, 14 août 1807.
J'approuve beaucoup que M. Bcrtin-Devaux cesse toute influence directe ou non, sur le Journal de l'Empire. Je suis trop bien instruit des relations qu'il a eues à l'étranger dans d'autres temps pour que je ne sois pas satisfait du parti qu'il prend. En effet son existence ne peut être sûre, et à l'abri de tout retour dans des circonstances imprévues, qu'en ne se mêlant plus d'aucune manière d'influence politique. Tout cela ne serait pas vrai, que j'en ai tellement le préjugé, qu'il est un des hommes de France qui a le plus besoin de se conduire avec prudence et d'éviter tout ce qui tendrait à l'impliquer dans des affaires politiques. Car il est temps enGn que ceux qui ont, directement ou indirectement, pris part aux affaires des Bourbons, se souviennent de l'Histoire sainte et de ce qu'a fait David (3) contre la race d'Achab. Cette observation est bonne aussi pour M. de Chateaubriand et pour sa clique. Ils se mettront, par la moindre conduite suspecte, hors de ma protection.
Quant à la place d'agent de change, je m'en ferai rendre compte.
(1) AFiv 874. — L. de BaoTONNB, dans la Nouvelle Revue, t. LXXXVI (1894).
(2) AFiv 874.
(3) Il veut dire Jéhu.
Si M. Bertin est bien famé sous les rapports d'argent, ce que je crois, je le nommerai et verrai avec plaisir que M. Fiévée acquière à son proût ces deux douzièmes du journal. Je suppose qu'il connaît bien maintenant l'esprit dans lequel je veux qu'il soit rédigé, et qu'il est bien convaincu que celui qui reçoit mes bienfaits et dont les écrits influent directement sur l'opinion, doit suivre une marche droite et franche, sans réaction, agir et parler enfin comme aurait parlé un bon serviteur de David aux partisans de la dynastie précédente.
1G3. — A M. FOUCHE,
Pari», 16 août 1807.
J'ai ordonné le séquestre de tous les biens de Mme de Prié, et mon intention est d'en faire autant des biens de ceux qui intriguent et ont intrigué en faveur du roi de Sar daigne.
L'affaire du curé de Bagnères, dont il est question dans votre rapport, est assez singulière. Il faut avant tout avoir un rapport détaillé sur cette affaire, et l'interrogatoire du curé.
Il faut savoir ce que c'est que ce colonel comte de Barcas (2).
Je vous envoie une lettre de M. d'Aubusson. II y a longtemps que j'entends parler de ces d'Harcourt. Faites-moi un petit détail qui me fasse connaître ce que c'est, et ce qu'il faut faire pour guérir ces sottes (3) et leur inspirer le désir de se bien conduire.