‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 17 sur 493 · LIEUTENANT DU GÉNÉRAL EN CHEF DE L'ARMÉE DE L'OUEST · texte numérisé non relu

LIEUTENANT DU GÉNÉRAL EN CHEF DE L'ARMÉE DE L'OUEST

(Lettre dictée par le Premier Consul au général Clarhe directeur du Dépôt de la guerre.)

Paris, 2 ventôse an VIII (21 février 1

J'obéis aux ordres du Premier Consul en répondant, co vais le faire, à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de i le 27 pluviôse, et que je lui ai communiquée, ainsi que je le

Ce qui a dû donner des doutes sur Bourmont, c'est ui écrite par lui au général en chef Brune, qu'il a signée en s fiant de comte, et qu'il a scellée avec un cachet aux trois f lis. Indépendamment de ces choses, qui sont en contr manifeste avec le gouvernement établi et la pacification, B( 3'est permis de menacer le général Brune. Cet acte a paru paraître au gouvernement un acte de rébellion. Par l'effi pacification Bourmont était redevenu simple citoyen ; mais au général Brune n'était point celle d'un citoyen, mais bi d'un chef de chouans. Le gouvernement devait prendre des

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LETTRES INEDITES DE NAPOLEON I- — AN VIII. il

pour comprimer cette audace. De là, Tordre qui vous a été donné et que vous avez reçu le 27 pluviôse. J'ai l'honneur de vous transmettre copie de la lettre de Bourmont; il m'est impossible de croire que vous le jugiez avec plus d'indulgence que moi.

Avant de recevoir les ordres du Premier Consul, vous vous étiez déterminé à donner à Bourmont une autorisation de se rendre à Paris. Il y est arrivé. Je l'ai présenté au Premier Consul, qui lui a parlé avec beaucoup de franchise et lui a conseillé de vivre en citoyen paisible. Bourmont m'a paru déterminé à se conformer à cet avis et à se fixer ici. Mais il* n'en est pas moins indispensable, quelles que soient ses intentions particulières, de le tenir dans l'impossibilité de réorganiser la guerre civile dans l'arrondissement où il a commandé, et c'est au désarmement complet de ces contrées qu'est attachée leur tranquillité future. Sans le désarmement, la soumission actuelle des chouans n'offre aucune espèce de garantie pour l'avenir. En effet, leur organisation n'est-elle pas toujours la même? Un cri d'appel de leurs chefs ne peut-il pas les remettre en campagne au moment où nos troupes, dirigées contre les ennemis extérieurs, leur donneraient la facilité de recommencer tous les désordres qu'ils ont commis? Je vous transmets copie d'une lettre du chef de chouans Henry, et vous verrez que le gouvernement ne peut réellement pas regarder comme soumis un pays où de pareilles adresses sont répandues. Le Premier Consul vous recommande donc de vous attacher particulièrement au désarmement. Bourmont a promis de se bien conduire ; la mort de Frotté et de $e$ complices n'a pu que faire une forte impression sur lui, et la punition de ce chef acharné contribuera sans doute à l'entière pacification des départements de l'Ouest.

S'il existe encore de ce que ces messieurs appellent chefs de légion, qui aient refusé de se soumettre aux lois de la République, il est urgent de prendre toutes les mesures convenables pour les faire arrêter sans délai. Il en est de même des gens sans aveu. L'intention du Premier Consul est que, lorsque vous en aurez rassemblé un certain nombre, vous les fassiez envoyer, sous bonne et sûre escorte, à Brest, où il y a des ordres pour les enrôler dans les troupes de Saint-Domingue. Quant aux chefs qui se sont rendus à discrétion, son intention est que vous leur fassiez connaitre que, puisqu'ils se sont confiés dans le gouvernement, ils en éprouveront la générosité. Le Premier Consul désire que vous exigiez successivement leur parole de rester éloignés, pendant la guerre, des départements chouannés. Vous leur demanderez de vous désigner la ville

où ils se proposent de résider ; ils y seront en surveillance, pourvu à la subsistance de ceux qui n'ont point de fortun convenable que vous fassiez connaître au Premier Consul qu'ils vous auront indiquées ; et il vous demande de les si en attendant, avec attention.

Après avoir pris ces mesures, il vous restera à faire rejc conscrits dont le dépôt est à Versailles, et enfin à lever le franc dont je vous ai entretenu dans une de mes précédente Le moment est favorable pour déraciner entièrement ceti le Premier Consul est convaincu que vous ne le laiss échapper.

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