AU PRIXCE EUGENE NAPOLEON
VICE-ROI D'iTALII (1).
Paris. 17 «Trier 1806.
Etant très mécontent d'Alquier, je l'ai rappelé. Il devait remettre une note qu'il n'a point remise, et, dans son audience chez le Pape, il a parlé de lui et a fait ses affaires plutôt qne les miennes. Cette fatuité, toute ridicule qu'elle est, est un crime de la part d'un ambassadeur.
Faites connaître au général Miollis que je compte que mes intentions sont remplies : 1* que tous les sujets napolitains, surtout les cardinaux, ont été envoyés à Naplcs, et qu'au défaut de s'y prêter de bon gré, il les a fait arrêter et conduire de force ; 2* qu'il a pris les troupes du Pape sous son ordre, et qu'elles font le service concurremment avec les siennes, et qu'il veille à ce qu'elles ne manquent de rien ; 3* qu'il s'est emparé des postes, qu'il y a mis des agents français ou italiens, de sorte qu'aucun imprimé ou mauvaise lettre ne puisse être expédié pour l'étranger. Veillez à l'exécution de cette mesure, et rendez responsables les directeurs et les maîtres de poste de l'expédition de tout courrier pour la Romagne et la Toscane. Recommandez à Lemarois d'y veiller de son côté