AU PRINCE EUGÈNE NAPOLÉON
VICK-ROI D'ITALIE (1).
Paris. 16 mars 1808.
Tous les prélats et cardinaux napolitains qui n'ont quitté Home que par la force ne doivent plus y rentrer. Immédiatement après qu'ils auront prêté leur serment, s'ils ne restent pas à Naples, ils seront envoyés à Bologne, où ils resteront en surveillance.
J'ai vu avec peine qu'on ait relâché le commandant des troupes du Pape, qui n'a pas voulu obéir à l'ordre du général Miollis ; il fallait le faire conduire sous bonne escorte à Fénestrelle. Avec les Romains, il ne faut pas rire.
Je vous ai fait connaître que le général Miollis devait renvoyer de Rome les cardinaux et prélats mes sujets, soit comme empereur, soit comme roi d'Italie, Toscans, Génois ou Piémontais. Le général Miollis doit mettre à Tordre du jour des troupes romaines que je leur témoigne ma satisfaction ; que les soldats ne doivent pas plus prendre l'ordre des prêtres que des femmes ; que des soldats seuls doivent commander à des soldats; que je leur donne l'assurance qu'ils ne rentreront plus sous les ordres des prêtres, et que je leur donnerai des chefs dignes par leur bravoure de les commander. Vous ferez connaître au colonel des troupes du Pape que je l'ai confirmé dans son grade de colonel pour sa bonne conduite. Vous lui enverrez la décoration de la Couronne de fer, et vous lui écrirez une lettre dans le sens de l'ordre du jour, où vous lui direz que des soldats d'Italie doivent être commandés par des hommes qui puissent les mener au feu.
Le courrier du Pape, à ce qu'il parait, n'a apporté que des bêtises; car il n'y a rien de bête comme ces gens-là.
Je vous ai demandé des renseignements sur les quatre provinces que commande le général Lemarois, mon intention étant de les organiser en préfectures, sous-préfectures, justices de paix, etc.
(1) AFiv 875. — Mémoires du prince Eugène, t. IV, p. 89.
D'un moment à l'autre je vous enverrai le décret. Il faut en finir avec ces bêtes.