ARCHICHANCELIER DE L'EMPIRE
Bayonne, 29 juin 1808.
J'ai reçu votre lettre du 26. Le rapport du préfet de police et les interrogatoires et confrontations du général Guillaume et de Gariot me paraissent très importants.
On ne peut être plus mécontent que je ne le suis de ce ministre de la police, qui laisse éclater sa haine contre le préfet de police, au lieu de le soutenir, de l'encourager et de le diriger. Le ministre cherche à jeter du blâme sur le préfet de police, en disant qu'il jette de la défaveur sur le Sénat. Il n'y a pas un mot contre le Sénat dans tout ce que m'a envoyé le préfet de police. Parlez de ma part 1 à Pelet et à Real. Je désire que vous souteniez dans toutes les circonstances le sieur Dubois, et que vous lui donniez des témoignages d'estime. Prévenez bien ses ennemis et ses détracteurs que je lui en donnerai moi-môme des preuves d'autant plus éclatantes, qu'on voudra plus déprécier son zèle. Je juge par mon jugement et par ma raison, et non sur l'opinion des autres.
Il est certain que, depuis l'an VIII, le parti anarchiste n'a cessé de tramer en France une conspiration sourde. J'ai constamment
(1) AFiv 877.
(2) lbid.
pardonné. II faut faire aujourd'hui un exemple qui coupe court à toutes ces machinations.
Vous qui êtes légiste, pourquoi n'avez-vous pas observé au ministre de la police qu'il n'avait pas le droit de créer une nouvelle machine? Il devait consulter les conseillers d'Etat réunis et le secrétaire général tenant la plume, mais non prendre un arrêté pour la création d'un conseil de police. Les conseillers d'Etat, qui connaissent les formes, eussent dû se refuser a ces fonctions, puisque cette nouvelle machine ne pouvait être créée que par mon autorisation.