‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 309 sur 493 · AU GÉNÉRAL CAULAIXCOURT · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL CAULAIXCOURT

AMBASSADEUR A SAINT-PKTBRSBOURG (1).

Saint-Cloud, 7 septembre 1808.

Je reçois votre lettre du 23 août. Je partirai d'ici le 20 du mois pour être rendu à Erfurt à temps. Le général Oudinot part pour prendre le commandement de la ville d'Erfurt. Des maréchaux des logis de la cour partent pour marquer les logements. Un bataillon de ma garde s'y rend pour tenir garnison. Le maréchal Lannes part pour aller à la rencontre de l'empereur sur la Vistule ; le maréchal Soult est prévenu à Berlin, pour que tout soit convenablement disposé. Quelque chose qu'on fasse, je crains qu'on soit mal à Erfurt. Peut-être aurait-on bien fait de préférer Weimar : le château est superbe, et on y aurait été mieux. Je ne me souviens pas des raisons qui ont fait donner la préférence à Erfurt. Si c'était à cause de moi, je serais aussi bien à Weimar. Cependant tout sera prêt à Erfurt.

Vous trouverez ci-joint le Moniteur, qui vous fera connaître les affaires d'Espagne. J'ai des nouvelles du Portugal du 20 août; tout était dans le meilleur état à Lisbonne ; les Russes et les Français y étaient de la meilleure intelligence et se préparaient à se défendre contre tout événement.

Hier, il y a eu une séance extraordinaire du Sénat, présidée par l'archichancelier, à laquelle les princes ont assisté. Champagny y a lu deux rapports sur les affaires actuelles et donné communication des différents traités faits avec les princes de la maison d'Espagne. Il en est sorti un sénatus-consulte portant levée de 160,000 combattants. Du reste tout est fort tranquille. Du côté de l'Espagne, nous avons des avantages; la division est parmi les rebelles. Le roi gagne tous les jours; de nombreux renforts arrivent, et déjà tout se prépare pour marcher en avant.

Puisque l'empereur n'est plus très nécessaire chez lui, il ferait

(1) A. Vandal, Napoléon et Alexandre, t. III.

tfcO LETTRES INÉDITES DE YATOLEOX K — 1808

bien, d'Erfurt, de pousser jusqu'à Paris. Si vous pensez que cela soit dans ses projets, vous ne sauriez me le faire connaître trop tôt. En conséquence de votre dernière lettre, Montdragon, ambassadeur de Xaples, part de Paris et continue sa route. Celui d'Espagne va recevoir ses nouvelles lettres de créance.

P. 5. — Je joins au Moniteur du 5 celui d'aujourd'hui qui contient les différentes pièces relatives aux affaires d'Espagne. Il n'y a aucun inconvénient que vous en remettiez un exemplaire à M. de Romanzoff et que vous les communiquiez à l'empereur.

Page 1