AU GÉNÉRAL CAULAINCOURT
Aranda de Duero, 27 novembre 1808.
Je reçois votre lettre sans date que je suppose être du 5 novembre. J'imagine que M. de Champagny vous aura fait connaître par des courriers tout ce qui se passe d'important dans ce pays, tel que le combat de Burgos, les affaires d'Espinosa, celle de Tudela, où les armées de Galice, des Asturies, d'Estreraadure, d'Aragon, d'Andalousie, de Valence et de Castille ont été détruites. Le général Saint-Cyr, aussitôt que Rosas sera pris, ce qui n'est pas éloigné, marchera en Catalogne, pour faire sa jonction avec le général Du lies me, qui a 15,000 hommes à Barcelone, bien approvisionnés et dans le meilleur état. Vous pouvez dire à l'empereur que je serai dans six jours à Madrid, d'où je lui écrirai un mot. Il n'y arien de mauvais comme les troupes espagnoles : 6,000 de nos gens en bataille en chargent 20, 30 et jusqu'à 36,000. C'est véritablement de la canaille; même les troupes de La Romana, que nous avions
(1) AFiv 878. — Mémoires du prince Eugène, t. IV, p. 242.
(2) Comte V and al, Napoléon et Alexandre, t. III.
formées en Allemagne, n'ont pas tenu. Au reste, les régiments de Zamora et de la Princesse ont subi le sort des traîtres ; ils ont péri. Les Anglais se concentrent en Portugal. Ils ont fait avancer des divisions en Espagne ; mais, à mesure que nous approchons, ils reculent.
J'ai envoyé il y a peu de jours à Champagny mes ordres pour répondre à la note de l'Angleterre . Quant à l'Autriche, sa contenance n'est que ridicule. Je laisse en Allemagne 100,000 hommes; j'en ai 150,000 en Italie, et la moitié de ma conscription qui marche. D'ailleurs ici la grosse besogne est déjà faite.
Le ministre de Russie à Madrid a été insulté par la canaille, qui s'est amusée à pendre et à traîner dans les rues deux Français qui étaient à son service; mais, dans peu de jours, il sera délivré.