A JOSEPH NAPOLÉON, ROI d'espagxe
Valladolid, 10 janvier 1809.
Renvoyez-moi à Valladolid le duc de Dantzick ; il ne comman-
(i) AFiv 879.
(2) Ibid.
(3) lbid. — Mémoires du roi Joseph, t. V, p. 325.
dcra plus le 4* corps. Le corps peut être conservé en en donnant le commandement au maréchal Jourdan, qui peut rester votre chef d'état-major; il sera, par ce moyen, plus dans votre main. Ce corps sera destiné à la garde du centre. Il est composé de la division Sébastiani, forte de quatre régiments ou seize bataillons, et de près de 12,000 hommes; 3,000 sont à Léon, et 4,000 à Bayonne, venant de Paris. Cette belle division, composée de nos meilleurs régiments, vous la garderez à Madrid pour la garde de cette ville et de votre personne. Le général de division est excellent; les deux généraux de brigade sont ce qu'il y a de mieux dans l'armée. Comme les dépôts de ces régiments sont à Paris, je les maintiendrai toujours au grand complet.
La 2* division du 4* corps est la division Levai, qui est composée d'un régiment de Bade, d'un régiment de Hesse-Darmstadt, d'un régiment de Nassau, d'un bataillon du prince primat, et d'une brigade hollandaise. Tout cela fait 4,000 hommes. Ayez soin qu'elle ait 10 pièces de canon. Faites-la partir pourTalavera de la Reyna; que le général Lasalle, avec ses quatre régiments de cavalerie se porte au pontd'AImaraz, et batte la plaine jusqu'au delà de Truxillo. Le général Levai commandera, comme étant le plus ancien général de division; il correspondra avec le général Valence, dont vous réunirez la division a Tolède. Laissez cette division à Madrid deux jours, pour lui donner les effets d'habillement dont elle a besoin. Les lanciers polonais resteront à Tolède, ce qui portera la division Valence à 5,000 hommes; ayez soin qu'elle ait 8 pièces de canon.
Les divisions Sébastiani et Milhaud resteront à Madrid. La division Milhaud a besoin de se refaire ; elle peut avoir des postes à Tolède, à Aranjuez, et être prête à se porter sur tous les points. Cela vous met à même de renvoyer au maréchal Victor le 2" de hussards et ce que vous auriez de la division Latour-Maubourg. La division Dessolles, qui doit être arrivée le 7 à Madrid, doit avoir besoin de repos. Comme elle est du corps du maréchal Ney, qui est eu Galice, vous pouvez lui donner des ordres directement.
Ainsi donc, les divisions Sébastiani, Levai et Valence, formant le i* corps, recevront des ordres directement du maréchal Jourdan, comme commandant ce corps. La division de cavalerie du général Milhaud et la division Dessolles recevront des ordres de vous et du maréchal Jourdan comme votre chef d'état-major. La division Latour-Maubourg, le 26" de chasseurs et le 2* de hussards, ce qui fera huit régiments de cavalerie, et les sept régiments d'infanterie
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du maréchal Victor, recevront les ordres du maréchal Victor, et du maréchal Jourdan comme chef d'état-major transmettant vos ordres.
Si la division Levai avait besoin d'être secourue, vous la feriez soutenir par la division Valence, et vous garderie? les divisions Milhaud, Dessolles et Sébastiani à Madrid, dans votre main. 11 faut vous appliquer à compléter l'artillerie de la division Sébastiani à 12 pièces, celle de la division Dessolles à 12 pièces, et celle de la division Milhaud à 6 pièces. J'attache une grande importance à ce (jue Lasalle soit bien au pont d'Almaraz, et batte la plaine au delà de Truxillo.
Le maréchal Lannes est parti aujourd'hui pour Saragosse, et faire sa jonction avec le général Saint-Cyr. Le général tapisse est à Zamora; 4,000 à 5,000 hommes sont nécessaires à Avila pour poursuivre Pignatelli. Ayez-y un intendant, et prêtes main-forte à vos agents. Le duc d'Elchingen estàVillafranca; le duc de Dalmatie doit être à Lugo depuis longtemps ; ma garde est concentrée ici. La division Heudelet, qui est ici, va marcher sur Astorga; la division Loison est à Léon.
II est désirable qu'en entrant à Madrid vous ayez le plus de troupes possible, en bonne tenue. Je pense que vous devriez créer un bataillon de Royal-Irlandais; parmi les prisonniers, il y en a beaucoup qui demandent du service; on pourrait les diriger sur l'Escurial. En y mettant quelques bons officiers irlandais, vous attireriez tous les Irlandais qui étaient au service d'Espagne.
Vous ordonnerez au général Levai de faire travailler à une petite tête de pont à Almaraz, et d'y mettre un bataillon pour appuyer la cavalerie. La saison est fort mauvaise ; hormis le maréchal Victor, qui doit être en grand mouvement à l'heure qu'il est, je désire que le reste prenne du repos, autant du moins que les circonstances pourront le permettre.
Je vous ai mandé, je crois, de former un régiment espagnol. Vous avez un colonel de Murcie, qui est un fort brave homme; vous avez des officiers sûrs; vous pouvez donc former ce régiment. 11 sera bon au moins pour la police. Le général Valence peut détacher un bataillon pour garder le pont d'Aranjuez.
Je ne suis pas content de la police de Madrid ; JJelliard est trop faible. Avec les Espagnols il faut être sévère. J'ai fait arrêter ici quinze des plus méchants, et je les fais fusiller. Faites-en arrêter une trentaine à Madrid. Quand j'en suis parti, ou avait fait des enquêtes, et on était sur le point de les saisir. Quand ou la traite avec dou-
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ceur, cette canaille se croit invulnérable; quand on en pend quelques-uns, elle commence à se dégoûter du jeu, et devient soumise et humble comme elle doit être. Je vous envoie une relation de la révolution de Constantinoplc ; faites-la mettre dans les gazettes.