AU COMTE FOUCHÉ
Paris, 27 janvier 1800.
Vous ne faites point la police de Paris, et vous laissez à la malveillance le champ libre pour faire courir toute espèce de bruits. Faites surveiller les propos qui sa tiennent chez le nommé Citerni, traiteur, place du Palais de justice, et au café de Foy. Occupezvous de la police, et non d'affaires étrangères à votre ministère (2) Un ministre de la police doit être responsable des bruits qu'on fait courir pour égarer la population. Si vous vous occupiez un peu plus de cette partie de l'administration publique, vous trouveriez les fils des intrigues des agents qui excitent à Paris ce système de malveillance (3). Faites-moi connaître dans un rapport les parties de la ville où se tiennent les plus sots propos, et prenez des mesures pour les réprimer. Vous devriez me tenir au courant de tout ce qui se dit et se fait à Paris, et je n'apprends cela que par les autres.
P. -5. — Les environs de l'Hôtel de ville sont pleins de gens qui sèment de sots bruits. Pourquoi n'avez-vous pas là des hommes qui les démentent et en fassent sentir l'absurdité? Ce moyen doit marcher de pair avec l'arrestation des propagateurs.