‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 362 sur 493 · AU COMTE DE CHAMPAGMY · texte numérisé non relu

AU COMTE DE CHAMPAGMY

Paris, 8 ftfrier 1800.

Je désire que vous me présentiez un projet de circulaire aux différents rois de la Confédération du Rhin et au prince primat. Voici dans quel esprit je voudrais qu'elle fût rédigée. Les Etats de la Confédération du Rhin ne sont point tranquilles ; ils sont perpétuellement tourmentés par leurs plus riches propriétaires, qui sont dans les rangs de l'Autriche, qu'on peut regarder comme non ostensiblement offensive et ennemie de la Confédération. Indépendamment de l'inquiétude sourde que l'influence de ces individus laisse dans les États de la Confédération, leur séjour à Vienne est une source de prospérité pour ce pays, parce que le revenu le plus clair de la Confédération se consomme dans cette capitale, et l'intérêt de ces individus, étant opposé à celui de la Confédération, fomente et excite à Vienne un esprit de guerre contre nous. L'acte de la Confédération est précis ; l'intérêt des Etats confédérés et de la France est également précis. Je désirerais que les princes de la Confédération rendissent une ordonnance pour obliger les individus ayant des propriétés dans le pays et étant au service de puissances autres que la Confédération du Rhin, à quitter le service de ces puissances et à rentrer dans leur patrie dans l'espace de trois mois. Si, trente jours après la publication de cette ordonnance, ils n'ont pas fait connaître

(1) AFiv 879.

qu'ils sont disposés à rentrer, le séquestre sera mis sur leurs biens, et si, après trois mois, ils ne sont pas rentrés, leurs biens seront confisqués au profit de l'État. Par ce moyen, l'Autriche perdra un grand nombre d'officiers et d'administrateurs. Les Fûrstenberg et autres maisons les plus riches d'Autriche seront obligés de demeurer dans les États de la Confédération et d'affaiblir l'ennemi naturel, l'Autriche.

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