‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 401 sur 493 · AU COMTE FOUCHÉ · texte numérisé non relu

AU COMTE FOUCHÉ

Schônbnmn, 14 juin 1800.

J'ai reçu un mauvais galimatias de ce scélérat de Palafoz. Je suis

(1) AFiv 880.

(2) Ibid. — Mémoires du prince Eugène, t. V, p. 177.

(3) Ibid.

mécontent que vous l'ayez accepté, fait traduire, et par là fait connaître qu'il était à Vincennes, tandis qu'il devait y être ignoré. Ce scélérat est couvert du sang de plus de 4,000 Français qu'il a eu la barbarie de faire égorger à Saragosse. Qu'il reste à Vincennes, oublié, sans plumes ni papier, et sans moyen d'intéresser à son sort les ennemis acharnés de la France.

Vous n'avez pas rempli mes intentions. Vous deviez ignorer qu'il était à Vincennes. Je vous réitère que mon intention est qu'il y vive séquestré du monde, sans moyen d'écrire ni de se faire connaître. C'est à cette condition que j'ai bien voulu ignorer ses crimes et ne pas le traduire à une commission militaire.

Il n'aurait pas fallu laisser venir Mlle de Stein jusqu'à Paris. Ecrivez en Westphalie qu'on n'envoie personne en France sans votre autorisation. Cette manière de faire est un peu légère. Il faut toutefois l'enfermer dans une maison dé femmes à Paris, et demander les charges qu'il y a contre elle.

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