AU PRINCE DE NEUCHATEL
llJJOa GÉNÉRAL D£ l'aHM<£ D ALLEMAGNE (2).
Schônbrunn. 3 août 1809.
Donnez ordre au duc d'Auerstœdt de raser tous les ouvrages de Godiug. Faites-lui connaître que mon intention est de le faire de manière que cela ne puisse exciter aucune réclamation ; qu'il faut
(i) APiv 881.
(2) Ibid.
340 LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX I» — 1809.
donc que l'opération soit faite en trente-six heures. Ces ouvrages consistent, je crois, en cinq ou six redoutes. 11 faut y envoyer 4,000 hommes avec 4 officiers du génie, des caissons d'outils et y arriver à quatre heures du matin, sans qu'on s'en doute. Il ne faut pas entrer à Gôding pour ne pas violer l'armistice, et on travaillera toute la journée à raser les ouvrages.
Pour faire avec plus d'ordre cette opération, il est convenable que le duc d'Auerstœdt envoie des officiers du génie et un officier général quelques jours avant, pour voir comment faire cette opération, afin de ne pas perdre le moindre temps.
Donnez ordre au général Reynier de faire raser les redoutes qu'avait faites l'ennemi sur la droite de la March, à Marchegg et plus bas, et de reconnaître lui-même toute la March jusqu'à Goding ; de désigner l'endroit le plus convenable pour établir une tête de pont, afin que la retraite de son corps soit assurée à tout événement. Les officiers que j'ai envoyés ont désigné deux points, à Anger et à Schlonhof (?) ; au premier point, il y a un pont; au second, il n'y a pas de pont; mais il serait établi provisoirement.
Il est nécessaire que ces renseignements viennent le plus tôt possible; car il est contre tout principe que 10,000 hommes soient campés sur une rivière sans moyens de la passer.
Je désire avoir l'état de situation du corps saxon au 1 er août. J'ai fait donner 500,000 francs à ce corps pour acheter des chevaux et se mettre en état. Faites vous rendre compte si cet argent a été employé, surtout pour la cavalerie. Demandez aussi l'état de l'artillerie de ce corps. Combien a-t-it de pièces de canon, et quel est leur approvisionnement? Il sera convenable d'augmenter cette artillerie.
Faites connaître au général Reynier que je désire que la reconnaissance qu'il est chargé de faire soit faite le 6 au soir, afin d'avoir son rapport le 7 au matin ; que je suppose qu'il a à son pont de fortes gardes et de l'artillerie; car, quoique dans l'armistice, il faut se tenir sur ses gardes, et, par la position qu'il occupe, il est vraiment en l'air. Aussitôt que l'emplacement de la tête de pont sera reconnu, Presbourg ne sera plus occupé que par une garnison, et la moitié du corps saxon campera comme les autres corps sur la gauche de la March, ayant des moyens assurés pour le passage.
Le général Reynier devrait vous donner des nouvelles de la Hongrie, non seulement par Presbourg, mais par Saint-Johann et par tous les postes; cependant je ne reçois aucun renseignement.