‹ Lettres inédites de Napoléon IerChapitre 469 sur 493 · COMMANDANT EN CHEF DES TROUPES BAVAROISES · texte numérisé non relu

COMMANDANT EN CHEF DES TROUPES BAVAROISES

Schônbrunn, 8 octobre 1809.

Je suis mécontent des troupes bavaroises. Au lieu de se battre, ils clabaudcnt et font des intrigues contre leur chef. Je viens de traduire le général Steugel à un conseil d'enquête pour avoir abandonné Gôlling. Que n'y mourait-il? On n'abandonne pas un poste sans l'ordre de son chef. Les troupes bavaroises sont démoralisées. Montrez ma lettre à Deroy, et dites-moi si les Bavarois veulent mériter mon estime ou mou mépris. Lorsque des troupes sont démoralisées, c'est aux chefs et aux otticiers à rétablir leur moral

(1) AFiv 882. — Revue britannique du 24 décembre 1843.

LKTTKES INEDITES DE NAPOLÉON I- — 1809. 371

ou à périr. Il y a eu de commis des traits de lâcheté qu'il est de l'honneur de l'armée bavaroise de dénoncer et de faire punir, tels que de s'être laissé prendre prisonnier dans des gorges, plutôt que d'effectuer la retraite. A l'armée, il n'y a pas de prince. Il est possible que le prince royal ait à se plaindre du duc de Dantzick ; mais cela n'a rien de commun avec l'honneur des armes. Il fallait marcher à l'ennemi, lorsqu'il insultait aux drapeaux bavarois et venait les attaquer aux débouchés de Salzbourg. Je voulais faire un ordre à votre armée ; il serait resté dans l'histoire ; je préfère vous écrire, à vous que j'estime pour vos talents et votre courage. Parlez à vos camarades, et faites qu'ils ne soient point déshonorés. Qu'on ne m'oppose ni «, ni mais, ni car; je suis un vieux soldat : vous devez vaincre l'ennemi ou mourir. J'aurais voulu qu'au premier signal de l'attaque, le prince se fût porté aux avant-postes et eût redonné du moral à sa division. Comme je sais que vous êtes attaché au prince autant que je le suis moi-même, vous ne ferez de cette lettre que l'usage que vous jugerez convenable.

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