AU PRINCE EUGÈNE
VICE-ROI D'iTALIE (1).
La Ifalmaiton, 4 atril 1806.
Je reçois vos lettres du 28 mars. Je ne rapporterai mon décret sur Grespino que lorsqu'il y aura eu réellement trois hommes de fusillés. La condamnation par contumace ne signifiant rien, qu'on tache donc d'arrêter les coupables.
Laissez le nommé Scoti en prison encore six mois, après lesquels je vous autorise à le faire sortir; mais qu'il ne reste plus à Milan, et qu'il soit consigné dans une petite commune, où il puisse être surveillé. Laissez aussi le prêtre Elie en prison encore quatre mois. Je ne souffrirai jamais que Gastiglione rentre à Milan ; envoyez-le à Fénestrclle, où il sera détenu pendant un an; après cela, vous l'exilerez pour toujours des Etats d'Italie. Correspondre avec les ennemis de l'Etat est un crime qui, dans tous les temps, emporte peine de mort.
M. Gorradini est, j'imagine, le major de là garde; je ne puis le nommer préfet du palais : ces places doivent être données à des gens riches. Il faut plutôt lui donner une place militaire.
Je vois, par votre lettre du 27, que vous avez fait arrêter à Venise l'Anglais Graham; envoyez-le à Valenciennes, ainsi que tous les Anglais que vous avez dans le royaume.