‹ Lettres inédites de Voltaire adressées a Madame la Comtesse de LutzelbourgChapitre 24 sur 60 · LETTRE XX · texte numérisé non relu

LETTRE XX

Aux Délices, 9 novembre i|;56.

Eh BiEif^ Madame, est -il vrai que ees Russes , ces Tartares marchent ? Pourquoi donc les Francs , les Gaulois ne marchent* ils pas ? £st*il vra^que le primat de Pologne a dit à la dicte que son roi était empêché »

et que la diète s'est séparée sur-le-champ ? U . faut avoir la tête tournée pour vouloir régner sur ces gens-là. On bafoue leur roi , on pille $a maison , on le fait prisôzmier y on lui donne à manger par une chatière, et les Polonais vont boire chacun chez soi. M. le comté d'Estrées vous a-tril donné quelques esp4re^nces de redresser tant de torts ? Mo^ Dieu , que je m'intéresse à cette bagsûrre 1 Vôtre cœur et le mien ont pris parti. Je suiis 0ché d'être si loin du théâtre oii cette grande tragédie se joue. On sèche en attendant des pouvelles. M. de Broglie et M. de Valory reviennent-ils ? Le roi de Pologne est-il en

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sûreté ? a-tril un lit 7 est-il à Koëuisting ? est-il à Varsovie ? Lé comte de Brull s'estil sauvé ? M. de Brown a-t*il livré un nouveau combat ? Tâchez donc , Madame , d'avoir des nouvelles d'Allemagne. Daignez m'en faire part. Il me parait que Salomon est le maître en Saxe comme à Berlin. L'Angleterre fera des efforts pour lui. Le nord de l'Aile* magne lui fournira des soldats. 11 y aura deux cent mille hommes de part et d'autre. Cette belle affaire n'est pas prête à finir.

Que dites-vous de Salomon, qui , étant à Dresde dans le palais du roi de Pologne , se montrait à la fenêtre ayant à ses côtés deux gros ministres luthériens ? Le peuple criait^ . ê^wat. Ah ! le saint roi !

On m'a promis une singulière pièce; mais ^ oserais-je vous l'envoyer ? On craint son ombre en pareil cas.

11 fait un Vent du nord qui me tue. Calfeutrons-nous bien , Madame 5 point de vent coulis. Mille tendres respects à vous p Madame » et à votre amie.

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DE YOLTAIRS. 4^

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