LETTRE XXXVIII
Aux Délices^ ao septembre i^SS.
Ow ne sait plus que croire et que penser , Madame. Hier , tout le monde avoue que les Russes ont été détruits ; aujourd'hui , tout le monde avoue que les Russes sont ressuscites pour battre le roi de Prusse* La nouvelle vous sera venue de Paris de la défaite des Anglais auprès de Saint-Malo* C'est du baume sur la blessure que la perte de Louisbourg nous a faite. Je voudrais bien en qualité de curieux , et ejueore plus d'homme pacifique , savoir ce que c'est, que cet armistice entre M. le maréchal de Gontades et M. le prince de Brunswick; je voudrais un armistice étemel entre les hommes.
Je vous remercie de tout mon cœur , Madame , des petites coquetteries que vous faites * en ma faveur en Lorraine. Vous savez combien j'aimerais une terre qui me rapprocherait de vous ; mais M. de Fontenoy veut à pré-
sent vendre trois cent milk livres son Cham-^ pignelle , qui ne rapporte pas plus de six mille livres de rente. Madame de Mirepoix et ma^ dame de Boufilérs veulent me vendre Craon $ mais il est substitué , et ce marché est difficile à conclure.
Puisque Colini a Thonneur de vous faire quelquefois sa cour^ je vous prie instamment^ Madame ^ de lui faire dire que je lui ai écrit deux fois par M. Turckeimlebanqtder, et que j'ignore s'il a reçu mes lettres. Madame Denis vous présente ses respects ; autant en fait son oncle le suisse. Il est plein de reconnaissance pour le petit mot dont vous l'avez honoré dans certaine lettre. Pprtez-vous bien surtout*
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