‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 124 sur 405 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

10 jtavier.

Le solitaire mande au petit philosophe, son àmi, que redit pour la fondation de Yersoii va paraître; alors le moment pourra être favorable pour présenter la requête. Je crois qu'il faudra en envoyer des copies collaiionnées à tous les ministres. Une affaire isi déli*^ cate ne peut être jugée que dans le Conseil du roi. Il faudra craindre les oppositions de ceux qui sont inté^ ressée à rendre étemelle la tyrannie dont on se plaint. Vos ennemis sont sans doute instruits de la démarche desCommunautési il serait bon de répandre le bruit qu'on a renoncé à l'entreprise ; on frapperait le coup plus sûrement. Je désire autant que vous le succès de cette affaire.

Pour la babiole des Choudensy j'ai mandé à Balleidier de faire tout ce qu'il voudrait. Je serai mort avant que cette affaire soit entièrement jugée.

J'attendrai avec bien de l'impatience que vous veniez ici faire vos pàques.

Je vous embrasse bien tendrement, mon cher ami.

est «^ A M. DE tK)MAHBT'.

31 janTier.

Le vieillard à qui M. de l^omaret a écrit, est pénétré des sentiments qu'il veut bien lui témoigner. Continuez, monsieur, à répandre Tesprit de conciliation dans des pays où la discorde a régné autrefois si cruel-

* Ministre protestant à Ganges, en Languedoc.

196 LBTTRES INÉDITKS

lement. Quand les jésuites sont abolis dans le royaume, il faut bien qu'on vive en paix.

Espérez peu du canoniseur, et songez qu*un moine est toujours moine ^

Permettez-moi de vous dire que vous prenez mal votre temps pour dire que le projet de la ville libre ^ n*a point eu lieu. On vous confie que Tédit est passée qu'on vient d^envoyer cent mille livres pour travailler aux ouvrages ; mais il est de la plus grande importance que cela ne fasse pas de bruit dans votre province. Les derniers arrangements ne seront pris qu'au printemps.

Consolez-vous, espérez beaucoup; un temps viendra où tous les honnêtes gens serviront Dieu sans superstition. Je ne verrai pas ce temps; mais vous le verrez, et je mourrai avec cette espérance.

Page 1