A M. DE LA HARPE
27 Mptembre.
Vous ne m'aviez point dit, mon cher Suétone *, que * Lei Dotae Céêau, traduiu par La Harpe, venaient de paraître.
2i2 LETTRES INÉDITES
je dusse envoyer les deux tomes à M. Suard; j*en dépêche uDy et vous renvoie Tautre ensuite par la même voie. Je suis bien sûr que vous réussirez en prose et en vers; vous avez ce qui manque à presque tous les écrivains de ce siècle, justesse d'esprit, goût et style naturel, avec Fart de vous exprimer avec force sans faire de contorsions.
Il est vrai que dans une lettre à madame la duchesse de Choiseul je glissai quelques vers, où je lui disais tout ce que je pense de vous; j*en cherche la minute, et je ne puis la fetrouver. Je suis plus zélé pour mes amis que je ne suis soigneux.
M. d*Alembert est à Ferney ; il m*a mis au fait de tout. 11 me semblequ'on traite les gens de lettres comme du temps où on les prenait pour des sorciers. Il faut espérer que la raison, qui fait tant de progrès, en fera aussi sur certaines choses.
Comptez sur les sentiments du vieux malade, qui vous embrasse de tout son cœur.