‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 148 sur 405 · A M. DE LA CROIX · texte numérisé non relu

A M. DE LA CROIX

Ferney, 2 S noTembre.

J'ignorais, monsieur, la triste fin de notre ami Tabbé Audra; elle me pénètre de douleur. Je lui avais écrit il n'y a pas quinze jours ; la lettre doit être au bureau de la poste. Nous vous aurons grande obligation, le mort et moi (supposé que les morts soient sensibles), de vouloir bien la retirer. Je ne manquerai pas d'écrire à M. le premier président Niquet; mais je crois que votre Mémoire fera beaucoup plus d'effet que toutes

DE VOLTÀIRB (1770). 219

les lettres du monde. Vous servez la cause de Sirvea avec autant de générosité que d'éloquence; je pren* drai et tâcherai de faire vendre des exemplaires.

Il est très-vrai qu'on a beaucoup de peine à vivre actuellement vers la Suisse ; le blé est d'une oherté excessive, ainsi que dans notre petite province : le setier de Pans vaut plus de cinquante francs dans nos quartiers. Je vais t&cber de soulager les filles de Sirven, et les engager à attendre la décision. Je doute fort que M. le procureur général soit favorable à Sir^ ven; mais je suis très-sûr que vous lui concilierez tous les suffrages. La mort de ce pauvre abbé Audra n'a fait qu'augmenter votre zèle. Je pleure sa perte ; ma consolation est que Sirven a trouvé en vous un pro^ tecteur qui ne l'abandonnera point.

J'ai l'honneur d*ètre| etc.

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