A M. DE POMARET
limai.
Je saisis, monsieur, un moment que mes souffrances me donnent de rel&che, pour vous remercier de votre souvenir. Je ne crois pas du tout qu'on rétablisse la Compagnie de Jésus, du moins si tôt. Le ministère n'a que trop d'ennemis, et ne voudrait pas déplaire à toute la nation pour des gens dont il n'a point du tout besoin. Nous ne sommes plus au temps des Clément YIIl et des Paul Y. Mais, malheureusement , la ville de liberté, qu'on avait déjà tracée et dont le port est entièrement construit, ne sera pas achevée: c*était une entreprise admirable.
, Je n'ai rien su de l'affaire de Brie : ces malheurs particuliers sont toujours ignorés de tout Paris, qui n'est occupé que de tracasseries et de plaisirs. Votre
vie, monsieur, est bien différente; vous n'êtes occupé que de faire du bien.
J'ai cbez moi plus de cent de vos Samaritains ; ils vivent comme frères avec la tribu de Judas. Tai obtenu qu'ils fussent exempts de tous impôts. C'est une grande grâce qu'on leur a faite; elle me console de ne point voir la ville bâtie; j'ai du moins un village très-libre, et rien n'est si rare.
On ne peut être avec plus d'estime, etc.