‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 238 sur 405 · A M. BERTRAND · texte numérisé non relu

A M. BERTRAND

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A Fernèy, Ift oetobre.

Le vieux malade de Ferney vous avoue, monsieur, qu'il joint la paresse à toutes ses autres maladies. Je ne suis pourtant pas paresseux, lorsqu'il est question

' LtUrtùia comte de Périgord, où d'Argeoce de Dirao détniit diverses calomnies répaBduas aur Valtaira.

de lire d*aussi bons ouvrages que celui dont M. Bertrand m'a gratifiée

Quant à Ténorme et ridicule fatras imprimé à Lausanne, dont j'ai envoyé une vingtaine de volumes à M. Bertrand, je lui demande bien pardon de la faiblesse que j'ai eue de faire cette sottise. Je ne savais pas ce que contenaient tous ces livres qu'on imprime à Lausanne et à Genève, sans m'en donner le moindre avis. Il y a mille fadaises qui ne sont pas de moi, et celles qui en sont, méritent encore plus que les autres d'être jetées au feu. C*est le parti que je prends souveot, quand je rencontre par hasard un de ces volumes qu'on imprime sans me consulter. Se ressemble aux vieilles catins dont on débite l'histoire amoureuse; si elles ont eu quelques amants dans leur jeunesse» on leur en donne mille.

Le vieux malade fait infiniment plus de cas des connaissances utiles de M. Bertrand, et surtout de sa conversation, que de toutes les rapsodies qu'on appelle belles-lettres. Il conservera pour lui, jusqu'au dernier moment de sa vie, la plus sincère estime et la plus tendre amitié.

Ferney, 30 octobre.

Le vieux malade est toujours dans son lit; il fait mille compliments à M. Bertrand. Il lui enverra celt« détestable édition, sitôt qu'elle sera finie.

1 Le Dictionnaire universel des fossiles. Elle Bertrand a publié pliuieon ouvrages sur réconomie politique, la religion et les sciences natureUes. 11 est mort en 1817. Cëtait un des plus instruite et des plus aimables représentants du dlx-hultlème sidcle.

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