‹ Lettres inédites de VoltaireChapitre 75 sur 405 · A M. GUDIN DE LA BRENELLERIE · texte numérisé non relu

A M. GUDIN DE LA BRENELLERIE

6 juin.

Si je n'ai pas eu l'honneur, monsieur, de vous remercier plus tôt, pardonnez à un vieillard malade. Je n'en ai pas moins senti le mérite de votre pièce, et les bontés dont vous vouliez m'honorer. Je viens de lire votre tragédie, qui a été imprimée à Genève depuis un mois. Il n'y a plus moyen de vous parler en critique, quand Vouvrage est publié : je ne dois vous parler qu'en homme très-reconnaissant, et surtout très-persuadé que de pareils sujets mériteraient d'être mis souvent

^ Arouet et le président de Brosse.

* Auteur d'ouvrages historiques et de quelques tragédies, notamment de Lothaire ou le Royaume mis en interdit, dont parle cette lettre. Gudin de la Brenellerie, qui avait été secrétaire de Beaumarchais, est mort en 1812.

sur la scène. Il est vrai qu'ils sont difficiles à traiter; mais il parait, à votre coup d'essai, que vous seriez ca* pablc de faire des chefs-d'œuvre. La conformité de votre manière de penser avec la mienne semble me permettre de compter un peu sur votre amitié. Les philosophes n'ont plus d'autre consolation que celle de se plaindre ensemble.

J'ai l'honneur d'être , avec tous les sentiments que vous méritez y monsieur, votre très-humble, etc.

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