‹ Lettres, instructions et mâemoires de Colbert, publiâes d'apráes les ordres de l'empereur, sur la proposition de Son Excellence M. Magne, ministre secrâetaire d'etat des financesChapitre 124 sur 246 · A M. PJfeLISSlER · texte numérisé non relu

A M. PJfeLISSlER

DIRECTEUR DE LA COMPAGNIE DES INDES OCCIDENTALES

^ De. . . 8 d^mbre 1670.

Jay re^u vos lettres des 1 1 et 26 septembre dernier; et, comme j'ay r^pondu h vos pr^c^dentes dont vous aviez joint un duplicata h celles-cy, je me contenteray de vous dire qu'il n'y a rien qui soit si avantageux a ia compagnie des Indes occidentales et qui puisse la ddcharger davantage d'unepartie de la grande d^pense qu'elle a soufferte jusqu'Ji present, que de continuer h exp^dier, ainsy que vous avez faitMepuis que vous estes dans les isles , les vaisseaux qu'elle y envoye. .

La proposition que vous faites de tenir en chacune des trois principales isles une ou deux barques armies de matelots fran^ois el d'avoir pareillement en chaque isle queiques voiles et autres menus agr^s, pour servir aux vaisseaux de la compagnie qui en pourront avoir besoin , est fort bonne, et je donnc ordrc aux directeurs d'y en envoyer incessamment;

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mais je crois que, comme il peut y avoir de fr^quentes occasions d'occuper ces barques au transport des marchandises dune isle h Tautre, il estbien n^cessaire que vous fassiez en sorte que ces iDatelots gagnent leur vie, et que la compagnie ne soit charg^e que de faire Tavance de leurs gages et de leur subsistance.

J'ay vu le m^moire que vous m'avez envoy^ tant sur le prix des sucres, le commerce des n^gres et bestiaux, que sur le passage des engages aux isles; mais , comme j'ay mis des apostilles sur chacun des articles dont il est compost et que je vous en renvoye cy-joint une copie, je n'ay qu'Jt vous recommander de vous y conformer exactement.

Je suis bien ayse que le sieur Du Ruau s'applique a Texamen des comptes des commis de la compagnie; et, quoyque led^sordre dans lequel ils vivoient autrefois puisse rendre cet examen plus long et plus difficile qu'il ne devroit estre , il importe beaucoup au bien et h I'avantage de la compagnie d*aplanir toutes les difficult^s qui s'y peuvent rencontrer et de le pressor de finir ces sortes d'affaires.

Les projets d'ordonnances g^n^rales auxquels vous travaillez avec M. de Baas en chaque isle estant de grande consequence pour le repos, le soutien et I'augmentation de ceux qui y sont establis, il est bien n^cessaire que vous continuiez ce travail avec soin et application , et que , aussytost que vous Taurez achev^ dans une isle, vous me I'envoyiez, afin que je puisse Texaminer et en rendre compte a Sa Majesty.

Je vous envoye cy-joint les letlres patentes que vous m'avez demand^es pour I'establissement d'un conseil souverain en I'isle de Saint-Christophe *, lesquelles sont conformes a ccUes qui ont este cy-devant exp^dices pour la Martinique.

Je suis bien ayse d'apprendre qu'il se rencontre, dans les isles, ^ la terre propre h faire des formes pour le raffinage des sucres ; j'ay donn^ ordre a la compagnie d'y faire passer au plus tost les trois ou quatre pollers de terre que vous demandez, n'y ayant rien qui puisse contribuer davantage a mettre les sucres en valeur que les raffineries, et qui puisse procurer plus d'utilit^ aux habilans qui s'y appliquent.

(Arch, de la Mar. Ordret du roi pour U9 compagmeB des Inde», 1670, fol. ihi.) * Ces lcUri>s paten (gs soni ilu 1 7 doceinbre 1 670. ( Ordrea du roi, fol. 1 'i3.)

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