III.-Q* lO
Mt6 INSTRUCTIOxNS
encore el qui serviroieni beaucoup h le rendre plus habile qu*il n*esl daus son metier.
En mesme temps que vous travaillerez a avoir les lumiires et les connoissances n^cessaires pour faire un r^glement sur tout ce qui conceme la navigation et le combat, en mesme temps il faut travailler 4 avoir les m^ moires de tout ce qui doit estre fait' dans les ports et arsenaux par les officiers de marine. Pour cela, il faut voir avec soin ce qui a est^ fail jusqu'^ present sur cet article, et donner ordre aux intendans et commissaires g^n^raux qu'apres avoir bien examine ce qui a est^ fait, ils fassent des m^moires sur tout ce qui reste a faire sur cette mati^re, c'est-adire sur tons les points que les capitaines et officiers de marine doivent observer dans le service qu'ils doivent rendre dans le port ou arsenal, el lors du radoub, armement et ^quipement des vaisseaux qu'ils doivent commander.
Le point le plus difficile de tout ce qui conceme la conduite d*un capitaine dans la navigation de son vaisseau et dans le combat consiste en la manoeuvre qu'il fait.
II est ordonn^ qu*il n'abandonnera point son pavilion. II a une infinite de moyens pour retarder la navigation de son vaisseau : il dira que son vaisseau n'a pu suivre. II doit joindre les vaisseaux de son escadre en cas de combat et agir suivant les signaux de son commandant : il retardera son vaisseau et dira qu'il n'a pu; c'est k pr^ent le cas du chevalier de B^thune et de Bremand^
II faut examiner si Ton ne pent r^gler la navigation et la manoeuvre d'un vaisseau de telle sorte que les capitaines ne puissent all^guer ces mauvaises raisons. Je s^ais bien que cela est difficile, mais vous voyez pourtant que cela ne consiste qu'^ s'en aviser et k un peu d'ordre et de r^gularit^. II faut faire seulement un m^moire sur celuy-cy, envoyer aux officiers de guerre ce qui les conceme, avec une lettre de vous; et puis, en cherdiant ce qui paroist difficile , on le trouve facile en y travaillant et Ton acquiert une infinite de connoissances fort utiles.
(Arch, de la Mar. Ordre$ in rot ameemani la marine, 1676, fol. t86.) ' Voir Marine, pito n* 389 et note.
( Minnie autograpbe. )
1 1 juillet 1676, 4 5 heares du matin.
En pensant ce matin aux affaires de marine, je vous avoue, mon (ils, que j*ay fait reflexion k une chose qui me fait de la peine. Vous s^avez que Ruyter s^en va dans la M^diterran^e : il aura 9 3 vaisseaux hollandois et ill espagnols, et 19 galores sous son commandemeni. Si M. le due de Vivonne est oblig^ de demeurer k terre pour y commander Farm^e, ainsy qu il y a beaucoup d'apparence, larm^^e navale du roy, vaisseaux et galores, sera command^e par le sieur du Quesne, et cW ce qui me met en peine, ne formant dans mon esprit aucune comparaison entre la teste et le coeur de du Quesne h celles de Ruyter. II est n^cessaire que vous fassiez faire cette observation au Roy, sans rien exag^rer; cela fera connoistre h Sa Majesty que vous pensez k ce qui pent estre du bien de son service et de sa gloire, et il faut que cela vous serve aussy a vous exciter a faire ces reflexions en toutes occasions.
Je s^ais bien que les 3o vaisseaux du roy sont mieux ^quip^s, mieux arm^ et mieux commandos que ceux de HoUande ; que les Equipages des vaisseaux du roy sont plus forts et composes de meilleurs hommes et plus braves; que les vaisseaux espagnols sont mal arm^, mal ^quip^s, en un mot que les 3o vaisseaux, 10 bruslots et 9/1 galores du roy doivent naturellement battre tout ce qui se pent presenter dans la M^diterran^e, mais je vous avoue que la teste et le coeur du commandant me donnent de Tinquietude ^
Le temps est si mauvais et les pluies si continuelles qu'il y a beaucoup k craindre les maladies populaires et la perte universelle de tons les biens de la terre. G'est ce qui oblige tout le monde k demander des pri^res publiques et k faire descendre la chftsse de sainte Genevieve, ^et mesme pour la porter en procession; et comme cela ne se fait point sans Tordre du Roy, je prendray demain, au cohseil, I'ordre de la Reyne. Ne manquez pas d'en rendre corapte au Roy.
Vous observerez, mon fils, que, par toutes les costes du royaume, Ton se plaint des corsaires ennemis que Ton dit prendre tons les vaisseaux franfois. Cela court en quelque sorte sur vostre compte, puisque le Roy veut bien faire la d^pense des vaisseaux garde-costes.
' 11 ^tail cependant r^rve 4 du Quesne de avril 1 676 , l^amiral lioUandais mourut, 4 Sy- Iriempher de Ruyter. Battu 4 MeMine, le 99 racuse, le 99 dum^me mois.
us INSTRUCTIONS
Je s^ais bien que ious ces avis oe son! pas v^rilables, et que ces plaintcs sont pour la plupart fausses ou mal foodies , mais il faut que vous fassiez deux choses : Tune, une lettre circulaire a tous les officiers de ramirauit^ pour esire inform^ de tous les vaisseaux fran^ois pris dans leur juridiction ; el Tautre, un travail parliculier sur tous les vaisseaux garde-costes, et que vous les disposiez en sorte qu'aucun vaisseau ennemy ne puisse approcher des costes du royaume.
Ces lettres circulaires doivent estre <^crites tous les six mois pendant toutle temps que la guerre durera, et ce travail des garde-costes doit estre continuellement sous vos yeux.
(Areb. dela Mar. Mss. originanx, Colbert et Seig^latf , pi^ce 56.)