A M. DE BRETEUIL
INTENDANT A AMIENS
Y entaille», 18 octobre 1673.
Pour réponse à la grande lettre que vous m'avez écrite le 1 5 de ce mois sur le sujet de l'entrepreneur de Doullcns, je me remets entièrement à vous à prendre la résolution que vous estimerez la meilleure pour l'économie des deniers du roy et pour l'avancement des travaux, estant très-difficile de rien dire de certain et de positif sur la difficulté que vous me proposez, n'y ayant que l'examen à faire sur les lieux , et la connoissance parfaite que l'on peut avoir de la valeur des ouvrages qui puisse servira prendre cette résolution. Vous devez seulement bien observer les conséquences fascheuses que pourroil apporter dans tous les autres ouvrages l'augmentation du prix à un entrepreneur qui auroit négligé son travail ou qui aurait fait un mauvais marché. A quoy j'ajouteray que j'observe dans les affaires du roy de mettre en usage toutes les voyes de contrainte pour obliger ceux qui s'y engagent à exécuter les baux volontaires qu'ils ont faits; et lorsque la nécessité m'oblige à les changer, outre la perte qu'ils y font qui est très-sensible et exemplaire, de ne permettre jamais qu'ils rentrent dans les affaires du roy. Je crois que vous devez observer la mesme chose, et surtout que vous devez bien prendre garde de ne plus retomber en de pareils inconvéuicns, s'il est possible : c'est-à-dire qu'il faut prendre toutes les précautions nécessaires pour n'avoir que de bons entrepreneurs et qui donnent caution. Je suis bien ayse de vous répéter encore sur cela ce que je vous ay dit plusieurs fois : qu'en fait de ces sortes de travaux, tel entrepreneur à un quart moins gagne plus par sa conduite, son économie, son sçavoir faire, par la bonne disposition de ses ouvriers et de ses matériaux, qu'un autre à un quart plus '.
Je vous envoyé un placet qui a esté présenté au Roy par un tailleur de Doullens nommé Ambroisc, par lequel il demande le remboursement de sa maison qu'il dit avoir esté démolie pour les fortifications de cette place.
1 r.«>||,crl exprime la même Mée xhm In pièce n i f.7.
KOHTIKICATIOAS. 157
Prenez la peine, s'il vous plais!, d'examiner celle affaire, et ensuite failes-moy sçavoir ce que peut estre estimée celte maison
(Depot de. fortiâeation». Mm. so5, tÔ76. fol. »5A.)