C3. — A M. CHANTEREAU
INTENDANT DES FORTIFICATIONS
Versailles, 1 1 septembre iGyf».
Je vous avoue que je suis fort surpris d'apprendre, par vostre lettre du 5 de ce mois, que M. de Vauban cl le sieur Ferry se soyenl trompés de près de 60,000 livres dans l'estimation qu'ils ont faite du bastion du Buisson et de l'ouvrage a cornes de la porte de Noyon; ne pouvant pas me persuader que, sur des ouvrages de cette qualité où il n'est question que de maçonnerie et de remuemens de terre , on se puisse tromper d'une somme si considérable. Ne manquez pas de m'envoyer copie du mémoire contenant le toisé sur lequel lesdits sieurs de Vauban et Ferry ont fait leur estimation, ensemble le prix sur lequel ils l'ont faite; el faites faire en mesme temps un toisé véritable du nombre de toises de maçonnerie et de terre, avec le prix auquel l'adjudication en a esté faite, afin que par ces deux
1 Les entrepreneurs de Calais ayant. 110 peu plus tard, adresse un autre placel au Roi pour de nouvelles indemnités, Colbert répondit a l'intendant , le 4 mars de l'année suivante :
«Comme vous me lesmoignex qu'il est juste de leur accorder le dédommagement de seize chevaux qui leur ont esté pris par les ennemis , â raison de 5o écus la pièce, el de sept autres chevaux de particulier» a raison de 9 5 écus chacun, et i.aoo livres pour les p ries qu'ils ont
souffert es dans la construction du bastion de la mer, je donne ordre au trésorier dos fortifications de remettre ces sommes sur les lieux, afin que vous les puissiez faire payer auxdits entrepreneurs. Par ce moyen , vous l?s exciterez toujours de plus en plus a bien faire leur devoir el à ouvrir tous les ateliers de maçonnerie, a présent que la belle saison mence. . . - ( Drp&i *Va fortif. 1 677, fol. 77. )
mémoires je puisse faire voir au Hoy d'où procède une erreur si extraordinaire.
( Dépôt dw^rHifitaliou», Mm. so5, 1676.ro!. »8o.>
INTENDANT DES FORTIFICATIONS
Yeraaille», 16 septembre 1676.
Je dois vous dire que j'ay esté fort surpris en voyant et examinant les mémoires qui m'ont esté envoyés de Testât auquel sont les places de Charleville, Mont-Olympe et Mézicres, de trouver dans ces mémoires un nombre assez considérable d'articles de ceux qui estoient compris dans les mémoires de M. de Vauban et que le Roy avoit résolu de faire cette année , auxquels on n'a point commencé de travailler. A l'égard de ceux qui sont commencés, il paroisl qu'ils sont fort peu avancés, et, nonobstant ce mauvais estât, je ne laisse pas de voir que les fonds sont presque entièrement consommés. En sorte que je puis vous dire que , selon ce qui me paroist par ces mémoires, le Roy a esté très-mal servy en ces trois places, et les fonds que Sa Majesté a faits ont esté presque entièrement consommés, quoyquc ses ordres n'ayent pas esté exécutés.
Je ne puis pas m'empescher de vous dire, et je suis bien ayse de vous en prévenir auparavant , que si au retour du sieur Ferry ce qui paroist par ces mémoires se trouvoit en effet véritable, je ne pourrois pas vous excuser auprès de Sa Majesté , et il seroit impossible de vous maintenir dans cet employ.
Éclaircissez-moy donc sur tout ce que je viens de vous dire, si vous voulez que je puisse satisfaire Sa Majesté sur le mécontentement qu'elle reçoit, que des places dont vous prenez soin et qui sont à présent les plus importantes du royaume, soyent en aussy mauvais estât qu'elles sont.
(Dépôt d«« fortification», Mm. ao5, 1676, fol. 18A )