A M. DE MOYENNEVILLE
INTENDANT DES FORTIFICATIONS
Paris, 3o avril 1677.
J'aurois esté fort ayse que le Roy eust esté autant satisfait que vous me le dites de la visite que Sa Majesté a faite de la place de Calais ; mais le mal est, par ce que j'apprends, que Sa Majesté, non-seulement n'en a pas esté satisfaite, mais bien éloignée de là.
Il me paroist qu'il n'y a ni politesse ni propreté en tous les ouvrage» faits, ni assez de diligence, ni assez de préparation de matériaux pour ceux qui soul à faire; et je ne vois pas mesme que le Roy se soit fort loué de tout
1 C'est sans doute ce qui amena les retranchements faits sur les travaux de (Voir pièce n* i85ctnolc.)
ce qui peut regarder vos soins. C'est assez vous en dire pour vous faire connoistre qu'il faut agir avec plus de soin, d'application et de travail ù l'avenir que vous n'avez fait jusqu'à présent, et prendre plus do soin de polir les ouvrages faits et de les entretenir avec une très-grande propreté.
Il ne faut pas oublier surtout de bien unir les remparts qui sont dans toutes les places dont vous prenez soin, et d'y faire planter des ormes. Mais prenez garde qu'ils soyent bien plantés et qu'ils reprennent, ne suffisant pas de les planter et de les abandonner.
Comme toutes les places de Picardie sont à présent couvertes par les conquestes du Roy, la seule presque de la province qui mérite une grande dépense et une grande considération estant celle de Calais, c'est à vous à bien prendre garde que le Roy en soit plus satisfait à l'avenir qu'il ne l'a esté. Je ne vous diray rien autre chose, sinon que le fonds ne vous manquera pas.
(Dépôt des fortification., Mm. io5, 1677, fol. 1 St.)