A M. CHANTEREAU
INTENDANT DES FORTIFICATIONS
Sceaux, 98 m a y 1G77.
Comme je puis croire que le Roy passera à Ham, et que je vous ay fait sçavoir de vive voix et par mes lettres combien il estoit important et nécessaire de réparer entièrement tous les ouvrages de terre, et de les entretenir en bon estât, je ne doute point que Sa Majesté ne soit plus satisfaite sur ce point que des places qu'elle a visitées depuis peu.
Ce que vous m'écrivez sur le remboursement des maisons qu'on démolit à Ham estant conforme ù ce que je vous ay dit sur ce sujet, vous pouvez laisser les matériaux desdites maisons à chacun des particuliers auxquels elles appartiennent pour un tiers de ce qu'elles valent; acheter les places dans la ville pour les rebastir, sur le pied du prix courant, et en donner auxdits propriétaires pour rebastir leurs maisons pour un autre tiers; et le dernier tiers, ou quelque chose de plus ou de moins, en argent comptant.
A l'égard des corvées, je ne suis pas persuadé de l'avantage que vous dites que vous en tirerez; mais surtout prenez garde que, sous ce prétexte, il ne se fasse aucune friponnerie par qui que ce soit. Cependant, comme le Roy sera icy dans deux ou trois jours, je sçauray de Sa Majesté si elle approuve que vous vous en serviez.
Le sieur Chamois dit deux choses sur le toisé de ses ouvrages : la première, que l'on n'a point compris des épaisseurs de 3 et de 6 pouces dans diiïérens endroits de la maçonnerie, qu'il a esté obligé de donner au delà ce qui estoit porté par les devis, et la seconde, que vous n'avez pas toisé la charpenterie suivant l'usage de Paris.
Faites-moy sçavoir si ces deux plaintes sont bien fondées et quelles raisons vous avez eues.
Si ce qu'il dit est vray, mon sentiment scroit, et je crois que la justice le voudroit, que l'on ajoutas! aux toisés les 3 et 6 pouces dont il se plaint, pourvu que cela soit véritable.
A l'égard de la charpenterie, comme le marché a eslé passé à Ham,
mon sentiment est que le toisé doit se Faire suivant l'usage de Ham, mais je doute fort qu'il y ayt de la différence entre l'usage de celte place et celuy de Paris sur la manière de compter le cent de pièces de bois.
(D^pAl des fortification», Mm. so5, 1677, fol. 168.)