A M. BAZIN
INTENDANT A METZ
Par», 6 novembre 1678.
Je suis extrêmement en peine de sçavoir lestât de voslrc santé, ayant appris que vous estiez malade; je vous prie de m'en donner des nouvelles au plus tost.
Il y a cinq ou six jours que je vous écrivis d'accommoder le sieur I\iquet avec le sieur (iomé, et de luy donner sur ses appointemens ce qu'il conviendroit pour son dédommagement; mais comme beaucoup de personnes m'écrivent que le sieur Niquol n'a pas tort dans cette affaire, vous accommoderez, s'il vous plaist, l'affaire le plus favorablement que vous pourrez pour luy
Vous trouverez cy-joint les informations qui ont esté faites sur la plainte dudit Gomé. Examinez la déposition faite par le sieur Kiclier, conseiller au parlement de Metz, et cotée 8, à l'endroil marqué Hic en marge de ladite déposition, parce que, encore qu'il y ayt lieu de croire que ce qui y est dit contre Niquet, sur le sujet de la vente de quelques matériaux2, ne soit pas véritable, il est nécessaire d'en estre exactement informé et de ne rien négliger des avis que l'on donne en ces matières.
(Dépôt de* fortification*. Mm. ao5, 1678, fol. «89.)
1 La lettre suivante, écrite par Colbcrt à Niquet le ii oclohre précèdent, met au courant de cette affaire :
*J'ay esté surpris (l'apprendre, par vostre lettre du 16 de ce mois, l'emportement que tous avei eu contre un bourgeois de Meli. Je vous avoue qu'il est d'une telle nature que j'ay peine a croire que le Roy veuille vous donner sa protection dans cette occasion, et que s'il vous en orrivoit encore une pareille , Sa Majesté ne fisi pas faire une justice sévère. Cependant je ne laisseray pas de luy en rendre compte aujourd'huy ou demain et de prendre «es ordres sur ce qu'il y aura a faire a c >t é|;ard.->
A la suite de son entretien avec le Hoi , Coll>ert écrivit il M. de Braj»elojjuo , premier président au parlement de Metz :
«Le Roy a esté informé du détneslé qui est survenu entre les sieurs Niquet et Gomé , et quoyque Sa Majesté ne veuille pas soutenir, dans une occasion comme celle-là , l'emportenient du sieur Niquet. cependant .comme il »•*!
nécessaire pour la continuation des ouvrages des fortifications de Metz, Sa Majesté m'ordonne de vous écrire qu'elle ne veut pas que l'on continue la procédure qui a cslé commencée sur ce sujet contre ledit sieur Niquet. et qu'elle donnera d'ailleurs les ordres nécessaires pour la satisfaction du nommé Gomé.'»
Kffectivement , par le même courrier, Coll»ert mandait à l'intendant :
«Comme le Roy veut que vous accommodiez celte affaire, il faut pour cet effet que vous obligiez Niquet à demander pardon audit Gomé, et que vous luy fassiez donner sur ses appointemens ce dont vous serez convenu avec ce dernier.?» (Dépôt <U* furtif. 1 677, fol. 973 , 577 et 37N.)
Nous ignorons quelle suite fut donnée à cet incident; mais, d'après la lettre du >> novembre, il semble que Niquet était moins coupable «pi on ne l avait cru d'abord.
1 Voir In note de la paj;e s 1 3.
•215. — Al MÊME.
Paris, 19 jamier 1679.
Vous estes informé que le Roy doit aller visiter les places de Verdun et de \\c\r. dam* le printemps prochain , après avoir vu toutes les places frontières de Flandre, de Picardie et de Champagne. Comme Ion s'efforce de tous costés à faire paroistre ces places en estât de plaire à Sa Majesté par leur propreté et par la manière dont elles seront tenues, il est important de faire en sorte qu'elle ayt la mesme satisfaction dans lesdites places de Verdun et de Metz.
Pour cet effet, je vous envove un mémoire de toutes les pièces des fortifications qui sont achevées en ces deux places, l'intention du lloy estant qu'on travaille incessamment à les mettre dans un estât de propreté aussy grand qu'aucun des jardins dans lesquels Sa Majesté a accoustumé de se promener, c'est-à-dire qu'il faut que les glacis soyent unis et sablés mesme, s'il se peut; que les endroits des fossés secs qui sont-achevés soyent unis aussy; qu'il ne manque point de gazon aux parapets et banquettes des chemins couverts et en dedans des ouvrages; faire planter des palissades à toutes les gorges des travaux pour empescher qu'on y entre; enfin, ne rien omettre de re qui peut contribuer à l'extrême propreté de ce qui est fait
Et comme j\iy entretenu sur ce sujet le sieur Niquet, qui est icy et qui sçait mes intentions, je vous prie de vous y appliquer de vostre costé, afin de donner à Sa Majesté toute la satisfaction qu'elle attend en cela de vos soins.
( Dépôt d« fortification». Mm. «o5, 1679, fol. 11.)