‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 177 sur 470 · A M. PRIOLO · texte numérisé non relu

A M. PRIOLO

De. . 3o juin i60a.

Vous avez très-bien fait de céder à l'orage et de suspendre pour quelque temps l'impression de vostre histoire2; mais je ne puis approuver la résolution qu'il semble que vous avez prise de remettre vostre pension, parce qu'il est public que Son Eminence vous en avoit gratifié avant mesme que vous eussiez commencé vostre ouvrage3.

J'ay desjà parlé deux fois au Roy pour vostre acquit-patent, et Sa Majesté a trouvé à propos d'en différer un peu le payement, à cause de la nécessité d'argent où elle se trouve maintenant. Je ne laisseray pas de l'en solliciter encore et de tascher de vous procurer la satisfaction la plus prompte qu'il sera possible; ce pendant, je dois vous dire que l'exécution de vostre pensée de vous aller en un lieu de pleine liberté ne vous produirait, à mon sens, aucun avantage, dont je m'assure que vous conviendrez quand je vous auray entretenu à Paris, où j'iray dans quelques jours.

(Arcli. d« la Mar.&ci^ibdKemfirftrvi.ral. 19.)

1 Benjamin Priolo, né à Saint- Jean-d'Augcly le 1" janvier 1 602 ; il s'attacha d'abord au duc do Rohan, qui était alors au service de Venise, reçut de Uu plusieurs mission* en Espagne, et combattit a ses cotés, en t63.r>, lorsqu'il commandait les troupes françaises dans la Valtclinc. A la mort de son protecteur, il s'était retiré à Genève, lorsque le duc de Longueville lui proposa de raccompagner à Munster, où il allait négocier la paix. En revenant en France, Priolo s'arrêta A Lyon et y abjura entre les mains du cardinal Karberini. Une fois à Parts, il suivit le parti du prince de Condé et fut exilé en Flandre; mai» il rentra bicnbMdans les bonne* grâces du Roi et consacra tout son lemps aux Mires. Loni» XIV lui accorda en 1 6(î 1 une pen-

sion de a, 000 livres. M. de Lionne Tayaut chargé, en 1667, d'aller à Venise pour une mission secrète, il fut frappé d'apoplexie en route, chez l'archevêque de Lyon.

1 Priolo avait composé en latin une histoire de France, depuis la mort de Louis XIII. "Quelques ministres d'Etal , dit Moréri , y trouvèrent trop d'essor et voulurent que cet ouvrage Ml tronqué par des examinateurs. L'auteur fit des remontrances au Rot, qui lui permit de. faire imprimer son histoire chci L/wiard.*

5 Le cardinal Maiarin , qui s était servi de Priolo dans plusieurs négociations, lui avait laissé une pension de i,5oo livres, par son testament.

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