M. - AU DUC DE CH AULNES
AMBASSADEUR A ROME
Saint-Germain, 7 mare 1670.
J'ay esté bien ayse de voir, par la lettre que vous avez pris la peine de m 'écrire le t 1 du mois passé, que le soin que le sieur Errard a pris de faire copier les tapisseries de Raphaël ayt vostre approbation2. Je vous
1 I.* cavalier Bernio ayant témoigné peu le royaume de Naples, a.ooo écua pour le
de lionne volonté et «'étant plaint du relard payement de sa pension de Tannée dernière,
apporté au service de sa pension*, Colbcrlécri- et 600 écus pour son fils , estant nécessaire
vil, le i3 juin, à l'abbé Benedctti : que vous l'excitiez à entreprendre
«Je vous avoue qtie le discours que vous a ment ce travail pour satisfaire à l'engagement fait M. le. cavalier Bernin, sur le sujet de la où il esl entré. »(/)ep.e©»e.*»/;aiére*, fol. 83.)
statue du Roy qu'il a promis de faire, m'a un » Colbert adressait, à la même date, ses
peu surpris, et qu'il y a lieu de s'étonner que félicitations à l'abbé de Bourlcmonl, qui avait
la considération d'un petit intérest comme facilité aux peintres français le moyen de faire
celuydesa pension puisse estre capable de luy ce travail. ?Je suis bien ayse, lui écrivait-il.
faire différer un travail qui luy doit estre avan- que vous ayez obtenu un lieu au Vatican qui lagem et glorieux lout ensemble. Cependant, est commode aux peintres de l'académie royale pour luy osier lout prétexte de se dégager de pour acbever la copie des tapisseries de Râla parole qu'il a donnée de faire cet ouvrage, pbaél, et en mesme temps nn autre proche
le Boy approuve que vous preniez sur le fonds la basilique Saint-Pierre, pour y dresser un atequi est entre vos mains, provenant du revenu lier pour faire travailler à la statue du Boy. Je
des biens qui appartiennent a Sa Majesté dans vous prie de continuera donner à Errard toutes
* An mois d'octobre 1666, Louis XIV avait accordé au cavalier Bernin, à son départ de Paris, on brevet de 6,000 livres de |<cnsion , et lui avait donné en même temps 3,ooo louis argent comptant
avoue que je crains fort que nous ne perdions ce pauvre homme1 , parce que j'aurois beaucoup de peine à trouver un sujet aussy bon que celuy-là, pour mettre à sa place.
A l'égard des tableaux , figures et bustes qui sont dans le palais de M. le cardinal Antoine, lorsque vous les aurez vus et que ledit Errard m'en aura envoyé un mémoire, en cas qu'il y ayl quelque chose qui plaise à Sa Majesté, je ne manqueray pas de vous le faire sçavoir2.
Je sçais bien que la situation du palais de ce cardinal n'est pas belle; je parleray au Hoy de celuy du prince Ludovisi; mais je dois vous dire que Sa Majesté n'a pas voulu jusqu'à présent entendre à une acquisition de cette nature3.
( Arch. «le la M«r. Dfpdches concernant le commerce . 1C71». fol. <jl». l)r|>|Miit; ,
tout Uni. XIV, IV, f.u.j.ï
'i5. Ali MÊME.
Saint-Germain , 8 mars 1(170.
Vous connoissez la réputation dans laquelle est M. Cassini \ Ayant esté ap|telé par le Roy pour servir Sa Majesté dans l'académie qu'elle a eslablie, elle fit faire inslauce à M. le cardinal Kospigliosi pour obtenir du pape défunt la conservation de sa charge de premier ingénieur du fort Liban, et à la ville de Bologne pour celle de professeur d'astronomie dans l'académie de celte ville-là ; et comme, dans le changement de pontificat, celuy qui sera général des armes de la Sainte-Eglise pourrait disposer de
Ira assistances qui dépendront du irons et dont il aura l>esoin.- ( Dép. eonc. U eotnm. fol. 61 .)
' Le 1 9 du mois procèdent, l'abbé de Bour- Icmont avait annoncé en ces lennex à Colbcrt la maladie d'Errard : «Il est tombé malade; j'espère pourtant qu'il n'y aura pas de danger. C'est une attaque d'apoplexie. •<
1 Lo jK octobre précédent, Colbcrt avait déjà écrit à ce sujet au directeur de l'académie, à Home : * J'apprends que vous avez remarqué , dans la visite que vous avez faite du palais du cardinal Antoine, quelques beaux portraits du Titien et d'autres maislres considérables. Comme je suis toujours dans la résolution d'avoir en Franc** ce qu'il y a do plus beau eu Italie, continue* à olwerver avec soin n- que
croirei digne de nous estre envoyé, afin que, sur l'avis que vous m'en donnerez, je puisse donner l'ordre nécessaire pour l'ache ter.« (Dép. coiw. fc« gaUre», i6G<), foi. 178.)
3 !>• ao octobre 1671, Krrard écrivait à Colberl que le» héritiers voulaient 70,000 livres des statues et des tableaux du cardinal Antoine, qui n'avaient pourtant rien de bien remarquable.
' Jean- Dominique Cassini, né en 1695.
Nommé par le sénat de Bologne, en t65a, à la chaire d'astronomie. H vint en France eu 1 <>Gn , pour prendre la direction de l'Observatoire, dont la construction venait d'être décidée, fut naturalisé en 1 «73, puis admis à IW demie des sciences. Mort le 1 4 septembre 171a. -- Voir pièce u* ç|3 et note.
ladite charge de premier ingénieur du fort Urban, Sa Majesté m'ordonne de vous dire que, considérant particulièrement ledit sieur Cassini, elle désire que vous fassiez toutes les instances en son nom envers le pape qui sera élu, pour obtenir la conservation de ladite charge de premier ingénieur.
Je vous prie donc de me donner avis de ce que vous ferez, afin que j'en rende compte à Sa Majesté, vous pouvant assurer que ledit sieur Cassini mérite la grâce qu elle luy veut faire en ce rencontre, estant d'une doctrine très-singulière.
( Arcb. de ta Mar. iMpécke, «marnant U coHUMerr*. io>. - Depping. Cnr-pmdnnet admMtratv soi» Lmù XIV, IV, 56g. )