‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 272 sur 470 · A M. DAGUESSEAl · texte numérisé non relu

A M. DAGUESSEAl

INTENDANT A TOULOUSE

Paris, a5 may 1676.

Le sieur Formont, marchand banquier de Paris, s'est chargé depuis longtemps de fournir tous les marbres nécessaires pour les maisons royales2; et comme il fait travailler depuis huit ou dix ans à en faire

1 Louis Petit avait d'abord surveillé, sous les ordres de son père, les travaux de Versailles

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cl (]>• S.nnl- 1 jcrtniiin . lorxju en ocloMv io(>;) ce dernier supplia Colbert de donner à son iilat une charge dans les bâtiments, « persuadé qu'il s'y rendrait capable, et qu'estant en haleine, il s'en acqui I leroi t avec soi n , diligence et fidél i té. » {Mtlmga Colbert, vol. i3s 6ù, fol. 868.)

Dès cette époque, en effet, Louis Petit semble particulièrement chargé de rendre compte des ouvrages de Saint- Germain, et il adresse à Colbert de nombreuses notes sur les travaux en voie d'exécution. ( Voir MU. Colbert , vol. i3o bit, i3i, fol. 35a, 776; et, en particulier, une longue note du 96 septembre 1 677 sur les appartements et les jardins do Saint-Germain.)

Dans une curieuse lettre du 1 0 août i665,

• Voir l.i note 3 de la psge 988.

Louis Petit se plaint au ministre que, lorsque la cour quitte Saint-Germain , il est impossible u empeeuf- r i<i inptwtH'ru' <h>s jjens oe semee et autres. Ils emportent jusqu'aux serrures, et il a été obligé de défendre d'enlever les tablettes et planchettes des appartements, sans quoi tout aurait disparu *. ( \M. Colbert , vol. 1 3o bu , fol. 979. ) — Louis Petit fut envoyé , en 1 679 , a Fontainebleau pour y remplir les mêmes fonctions de contrôleur des bâtiments.

* On trouvera aux Archives de l' Km pi re , dans le carton 0 1 \,h<îh , Marbre», tout un dossier relatif à cette question. — Ce sont des élat* du prix des marbres de Gènes, des Pyrénées, du Languedoc et de Hollande, dressés par différents fournisseurs qui offraient leurs services à Colbert, et des mémoires sur les inarbres destinés aux constructions de Versailles.

tirer des carrières de Caunes1, en Languedoc, et qu'il a fait roesme ouvrir dans les Pyrénées diverses carrières qui nous ont donné des marbres trèsbeaux et très-extraordinaires, il est nécessaire pour le service du roy de luy donner toute la protection dont il peut avoir besoin pour ces ouvrages.

Cependant, il est à présent troublé par les religieux bénédictins de l'abbaye de Caunes, qui prétendent avoir droit et qui, en effet, ont estably un Italien qui s'est saisy de ces carrières, et mesme a fait tailler en morceaux plusieurs grandes pièces de marbre que ledit Formont destinoit pour faire des colonnes pour les maisons royales.

Je vous prie d'entendre sur cela celuy qui vous parlera de la part dudil Formont et de faire en sorte, ou par vostre entremise près de ces religieux, ou par l'autorité du roy, que vous avez entre vos mains, qu'il demeure en une entière et paisible possession desdites carrières de Caunes, à l'exclusion de tous autres, afin qu'il puisse continuer à fournir les marbres nécessaires pour les maisons royales3.

( Bibl. dm Invalides , M*. Currtqnndami i» M. CoOert , 1 67* , fol. 43 J. )

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