DE L'ACADÉMIE ROYALE D'ARCHITECTURE
1 9 juillet 1678.
Ce jourti'huy, M. Perrault, conservateur des bastimens de Sa Majesté, ayant fait sçavoir qu'il avoit quelque chose à proposer de la part de Monseigneur Colbert à MM. les architectes, on se seroit assemblé à l'heure accoustuméc, où estant, mondit sieur Perrault auroit fait voir un billet signé de mondit sieur Colbert du 1 1 du présent mois, par lequel il ordonne aux architectes du roy qui s'assemblent à l'académie, de visiter promptement toutes les anciennes églises et les anciens bastimens de Paris1 et mesme des environs, s'il est nécessaire, pour voir si les pierres sont de bonne ou mauvaise qualité, si elles ont subsisté en leur entier ou si elles ont esté endommagées par l'air, l'humidité, la lune ou le soleil, de
1 L'académie d'architecture se réunit pour la première fois le 3i décembre 1671, et Collx-rt assista à wn installation. Les membres de l'académie étaient alors : Blondel, directeur et professeur, François Le Vau, Bruand, Gittard, Le Pautre, Mignard, d'Orbay, Félibien, secrétaire.
Dans les premiers temps, Colbert so rendit quelquefois à cette académie pendant les conférences. Il proposait des questions que l'on débattait devant lui , et il donnait ensuite son avis.
Lorsque la surintendance des bâtiments, arts et manufactures de France passa entre les mains de son fils d'Ormoy, l'académie de sculpture fut plusieurs fois honorée de sa présence ; le 91 février 1680, d'Ormoy signa même au procès-verbal.
1 Les procès-verbaux des séances suivantes font connaître le résultat de ces visites qui ne furent terminées que le 10 avril 1679.
Ou reste, ce n'était pas la première enquête de ce genre prescrite par Colbert. Dès 1 665 , il avait ordonné de visiter les carrières des environs de Paris, entre autres celles du faubourg Saint-Jacques, de Gentilly, de Birëlre, d'Arcueil, de Meudon, de Sainl-Cloud « t d<- Passy, afin de savoir d'où l'on pouvait tirer de la pierre dure pour les constructions «1<* Louvre.
<>U« visite fut faite le 8 juin i665; voici
les notes qu'il écrivit en marge du mémoire qui lui en rendait compte :
• Il seroit nécessaire de sçavoir le pris véritable du pied des pierres de toutes les carrières, rendues sur l'atelier du Louvre; et après que l'on aura remarqué toutes les différentes qualités des pierres, on pourra prendre résolution sur celles qu'il faudra toujours employer dans les bastimens du roy, en faire mention dans les devis et obliger les entrepreneurs è en faire les provisions nécessaires ; et à cet effet , se saisir de toutes les carrières de pierres qui seront résolues et y establir quelques gardes pour empeacber qu'aucune autre personne n'en puisse prendre que pour le roy.
« Comme je suis résolu de donner toute la solidité qui se pourra i tous les bastimens du roy, et mesme de faire de pierres dures tout ce qui se pourra , je crois qu'il suffira de mettre dans le devis les qualités, grandeurs et épaisseurs des pierres dont les entrepreneurs seront obligés de se servir, et ensuite il faudra les laisser faire.
* Il y a un mot dans ce mémoire qui me fait douter si la pierre de Saint-Cloud n'est point sujette à estre mandée de la terre.
«Il faut surtout bien connoistro les bonnes et les mauvaises qualités de toutes les pierres. « (Arch. de l'Empire. Anciem bâtiment* dtla couronna. 0 io,aot. carton i.)
quelles carrières elles ont esté tirées, si ces carrières subsistent ou non; et formeront leur avis sur les différentes qualités de ces pierres; ce que la compagnie a résolu de faire au plus tost. Signé : Bruavd, Mi
GNARD1, Lb PaOTBB, GlTTARD2, FÉLIBIBN.
( Areli. d* l'Inslilot , IW*-v»r6<mx de lacadémte d *rrkit*tturt , \ 67 1 à 1 68 1 .)