ESTAT GÉNÉRAL DES DÉPENSES
DES BASTIMEiSS DU ROY.
1664 3,asi,73i'
1673 3,55o,4io
A bipobtib. . . . 57,519,597' Le Roy a tellement augmenté ses m
a* a4 Ripobt 57,519,597' il* 7*
16 1 683 5,995,996 9 to
n" 74 Total 153,989,897' io* 5*
lisons royales pendant ces vingt-sept années, que, quand Sa
APPENDICE
Majesté ne feroil point élever de nouveaux édifices, le* seuls entretiens cousteront par nécessité i ,5oo,ooo à 1,600,000 livres par an, compris les gages des officiers cl autres employés.
Mais si la grandeur cl la magnificence du Roy paraissent dans la somptuosité de ces superbes édifices, et si, par une dépense si considérable, il s'élève au-dessus do tous les princes de l'Europe, il ne paroist pas moins de grandeur dans tous les motifs qui l'ont porté a exécuter de si vastes desseins. Elever des palais, bastir des temples au Seigneur, faire fleurir les sciences et le» arts, c'esl immortaliser sa grandeur, sa piété et son mérite, faire subsister une infinité de personnes qui, par ce moyen, ont trouvé dans le sein de leur pairie de quoy élever leur famille, récompenser les gens de mérite et célèbres dans les arts , encourager les élèves et leur procurer les moyens d'arriver à la perfection des plus excellons maislres. C'est l'effet d'une bonté toute paternelle qui mérite au Roy, avec autant de justice qu'a l'empereur Auguste, le glorieux nom de Père de sa patrie.
Le Roy n'a pu rien faire de plus glorieux, surtout dans les temps de paix qui, pour un prince moins attentif à sa gloire et bu bonheur de ses peuples, auraient esté des espèces d'interrègnes et auraient laissé des vides à remplir dans son histoire; mais nostre prince compte tous ses m omet», et il croirait avoir perdu un jour s'il l'a voit passé sans donner quelques marques de sa grandeur.de sa justice ou de sa bonté. S'il n'estoitpas aussy grand dans ces temps heureux de repos et de saWe que dans ceux où ses armées portent l'effroy dans les lerrc* ennemies, nous n'aurions pas ru tous les princes de l'Europe conspirer contre un si glorieux repos. La religion a paru le motif de leur dernière confédération, mais elle n'en a esté que le prétexte, et le Roy a soutenu pendant dix campagnes tant d'efforts redoublés , seul contre tous. Il a pris leurs villes, gagné des batailles, dissipé leurs armées, déconcerté leurs projets. La Flandre, la Savoie, l'Allemagne, la Catalogne, les mers ont esté en mesme temps lu théâtre de la guerre, disons mieux, des conquestes du Roy. Que n'a-t-il point fait , ce pieux monarque, pour espargner le sang de tant d'ennemis et pour finir une guerre si longue par une paix aussy glorieuse que solide? L'histoire développera un jour tous ces secrets de son grand cœur; mon dessein n'est pas d'entrer dans une si vaste carrière. Ces faibles caractères, échappés ù l'ardeur de mon zèle, parlent d'uu cœur pénétré de la part qu'il prend à la reconnoissance publique. Et, sous un règne si grand, faut-il s'étonner que le Roy soitebéry de ses plus petits sujets comme de ceux qui , ayant l'honneur d'approcher de sa royale personne, ont aussy le bonheur de voir de plus près l'eslendue de grandeur, do majesté et de mérite qu'on ressent mieux qu'on ne peut l'exprimer et qui remplit les cœurs d'autant d'amour que de respecl ? De l'amour des sujets dépend en quelque sorte la fortune d'un prince. Aussy voyons-nous de quels succès les entreprises du Roy sont toujours suivies. Sa sagesse, qui fait revivre celle du plus sage prince du monde, anime ses ministres et son Conseil. Son héroïque valeur, imprimée daoa le cœur et sur le front des généraux qui comptent pour rien le sang qu'ils versent pour leur prince, passe jusque dans l'Ame des soldats, et l'expérience nous a appris que combattre pour le Boy et vaincre, ç'a toujours esté la mesme chose.
Une si longue suite de prospérité est le pur ouvrage du Dieu des armées, qui, disposant des volontés de tous les hommes selon ses desseins éternels, lient en sa main d'une manière spéciale les cœurs des rois. Aussy Sa Majesté Très-Chreslienne , qui , comptant pour peu ses propres forces, rapporte à la protection divine lout le bonheur do ses armes, a cru ne pouvoir mieux luy en marquer sa reconuoissance qu'en abolissant dans son royaume tout culte impur, et en nous montrant tous les jours, par la sincérité de son zèle et par l'assiduité de ses exemples, que le vray Dieu du ciel el do la U>rn> doit et veut estre adoré en esprit et en vérité dans l'unité de la religion catholique.
Veuille ce mesme Dieu conserver longues années la personne sacrée de Sa Majesté. Ce sont les vœux de tous ses sujets, qui ne sçnuroient trop souhaiter la durée d'un règne si remply de piété, de justice cl de gloire.
(Bïbl. Imp. Ms». Fonds Saint-Martin, vol. «,». Compte» de* Mtimeutt du ni.)