‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 45 sur 470 · A M. BOUCHU · texte numérisé non relu

A M. BOUCHU

INTENDANT A DIJON

Paris, 8 may i6y3.

Pour répondre à vos lettres des ih et ai du mois passé, je vous diray en peu de mots que Sa Majesté n'a rien résolu de nouveau sur les fortifications des places de Bourgogne et qu'ainsy il faut que vous vous contentiez des 100,000 journées qui ont esté réglées par le Boy, et que vous les employiez le plus utilement qu'il se pourra pour son service'.

A l'égard d'Auxonne, vous avez bien fait de faire l'adjudication du remuement et transport des terres ; mais je crois que ceux qui s'en sont rendus adjudicataires à 5 livres 18 sols y gagneront beaucoup, d'autant que, dans toutes les places de Flandre, ensemble celles de la frontière où je fais travailler, il n'a jamais esté donné plus de 5o sols ou un écu, et à Versailles, où les terres sont transportées plus de 900 toises de longueur, je n'en donne que !x livres 5 sols. Comme vous n'avez peut-estre pas eu diversité d'entrepreneurs, vous devez estre assuré que si vous vous appliquez à bien connoistre le détail de ce travail, et que vous establissiez quelqu'un pour vous en rendre compte, vous trouverez à diminuer considérablement cette dépense2. Ce pendant je vous recommande toujours de faire avancer les travaux de toutes les places et particulièrement de celle d'Auxonne; ne manquez pas, s'il vous plaist, de m'en envoyer tous les quinze jours un mémoire exact, afin que j'en puisse informer le Boy, et faites-moy sçavoir soigneusement par avance lorsque le fonds vous pourra manquer, afin que j'y pourvoye.

Touchant toutes les autres adjudications que vous avez faites, je ne doute pas que vous n'y ayez apporté tout le soin et l'application possibles pour avoir les travaux à bon marché; mais vous devez toujours observer que les ouvrages sont fort chers dans un lieu où l'on n'a pas accoustumé de travailler, et que dès lors que l'habitude est prise, ils doivent diminuer considérablement , l'industrie des hommes trouvant dans le travail des expédiens que Ton ne trouve pas en d'autres temps.

(Dépôt de* fortifications , Mm. »o6. 167S, fol. 1*9.) ' Voir pièces n" 60 ol 63. — ' Voir plocc n* 69.

FOKTIKlCVriONS.

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