A M. ROUILLÉ
INTENDANT A AMIENS
Versailles, 39 novembre 1673.
Je crois que le sieur Castelan 1 vous aura joint à présent et que vous avez appris de luy la résolution que le Roy a prise de faire raser Le Catelet, ce qui doit estre tenu fort secret, afin que les ennemis ne puissent prendre aucun avantage des mines et autres travaux qu'il y faudra faire pour parvenir à ce raseraenl. Il seroit donc nécessaire pour cela que vous puissiez aller vous-mesme au Catelet avec Castelan , pour estre présent à la visite qu'il fera de tous les ouvrages qui font l'enceinte de cette place, et à la résolution qu'il prendra après celte visite, du nombre démines qu'il faudra faire et de la quantité de poudres et des outils dont il aura besoin. En cas que vous ne puissiez pas y aller, comme il faut que M. Demuin se rende icy promptement, vous pourrez y envoyer le sieur de Moyenneville, pourvu que vous l'estimiez assez habile et fidèle pour prendre soin de ce travail. Mais en ce cas mesme, il faudra que vous preniez le temps d'y pouvoir faire un voyage de quelques jours, auparavant que toutes les mines soyent en estât de jouer, afin que vous reconnoissiez vous-mesme si la dépense aura esté bien et utilement faite.
Vous devez observer que le Roy m'a dit que le sieur Castelan alloit un peu vite à la dépense 2.
(top* de* fortification., Mss. ao5, 1673, fol. *64.)
' Ingénieur ordinaire du roi, envoyé en Picardie pour faire plusieurs mines et raser Linchainp. — Il dirigea aussi les démolitions du Catelet et de La Capelle.
* Rouillé eut plus lard à se plaindre de Castelan. En ayant informé Colbert, il reçut la répons» suivante datée du 10 février 1674 :
cSa Majesté connoisl le sinur Castelan ainsy f|w; vous le <lé|M'ij;in-i. Mais vous sravii Itien
que , dans une occasion aussy pressée et importante que cclle-cy, il faut un peu souffrir de la mauvaise humeur de cet homme et luy donner toutes les facilités qui peuvent dépendre de vous et qu'il pourra désirer pour avancer la démolition du Catelet et raser cette place en sorte que les ennemis ne puissent jamais avoir la pensée de s'en senir. . ( /ïc/wl dn fortif. 1 fi 7 i'i , fol. 17.)
81— Ali MÊME.
Saint-Germain, 98 décembre 1673.
Je vous écris ces lignes, par ce courrier que je vous envoyé exprès, pour vous dire que le Roy n'a pas encore pris résolution de raser La Fère, et que vraisemblablement Sa Majesté conservera cette place. En sorte que si vous avez commencé à faire travailler à sa démolition, ainsy que vous me l'écrivez par vostre lettre du a 5 de ce mois, il est nécessaire qu'aussytost que vous aurez reçu cette lettre, vous envoyiez en diligence vos ordres pour surseoir.
Quoyque je vous aye desjà érrit la mesme chose et que je ne doute point que vous ne l'ayez fait, néanmoins, comme vous ne m'en dites rien par vostre lettre du a 5, j'ay jugé nécessaire de vous envoyer ce courrier exprès1.
Dans peu de jours, vous recevrez les mémoires de toutes les résolutions que le Roy aura prises sur le rapport qui a esté fait à Sa Majesté par M. de Sainl-Sandoux a. Surtout prenez vos mesures pour faire travailler avec toute la diligence qu'il vous sera possible aux places de Saint-Quentin et de Guise.
(Dëpôl des fortifiions, Mm. uo5, 1678, fol. «90.)