A COLBERT DE TERRON
INTENDANT A ROCHEFORT
Versailles, a 6 février 1 67 ft.
Le sieur de Vauban est arrivé icy, et Sa Majesté a entendu ce matin le compte qu'il luy a rendu de son voyage; c'est ce qui m'oblige de vous écrire pour vous dire que, connoissant aussy bien que vous qu'il n'y a rien de plus important dans lestât des affaires que de mettre l'isle de Ré en estât de ne pas craindre une descente, il ne faut point perdre un seul moment de temps pour mettre en train et avancer les travaux contenus au mémoire qu'il vous a laissé. Je ne pourrois assez m'cslendre pour vous exagérer suffisamment la nécessité qu'il y a de mettre en pratique tous les expédiens que vous pourrez vous imaginer pour faire avancer les travaux et faire en sorte qu'ils soyent tous achevés au plus tard dans le mois de may prochain. Pour cela, examinez s'il ne seroit pas bon de partager tout ce qui est à faire de maçonnerie entre trois ou quatre entrepreneurs, et faire venir de toutes parts, non-seulement des matériaux, mais mesme des maçons et tout ce qui peut servir à diligenter ce travail.
A l'égard des ouvrages de terre, des palissades et autres ouvrages, il
ladite somme, en obligeant l'cntrepreueur de fournir de bonnes et suflisanles caution». Je vous prie de tenir la main i ce qu'il commence au plus losl à travailler, estant de grande conséquence que les ouvrages que le Roy a ordonné de faire cette année, et que vous me marque! estre â présent tracés par le sieur de Saint- Lô *, soyent faits avec toute la diligence et solidité possibles... * ( DèpAl dt* fortif. t6-jh, fol. 6t.) — Voir pièce n" 101 et note.
• Le ta février, «o engageant Poncet à faire travailler aux fortification» de MeU, Colbert lui disait . * Comme vous avea besoin pour cet effet d'un bon ingénieur, Sa Majesté veut qne vonsenvoyies quérir le sieur de Saint Ld, qui a ordre de vons aller trouver toutes le» fois que vou» le demanderez.. .» — On trouve dan» le même manuscrit , fol. 33, l'état des réparations i faire a la rita.lelle de Met*.
' lin mois après, Colbert, ayant appris que les ouvrages de maçonnerie de la citadelle de Metz avaient été adjugés â tik livres 10 sols la toiae, écrivait a l'intendant :
«Comme je ne doute pas que vous n'ayez fait tout ce qui a pu dépendre de vous pour en faire diminuer te prix autant qu'il vous a esté I m >tsible et que vous n'ayei observe toutes les formalités nécessaires en pareille occasion, vous pouvet sans difficulté en passer le marché è
100 KOHTIKICATIONS.
faut de tnestne ipie vous vous y appliquiez avec le mesme soin el lu mesme diligence.
Examinez mesme si vous estimerez bon d'en donner le soin à M. de Demuin 1 , et le faire demeurer actuellement dans l'islc de Ré, ou au moins deux ou trois jours la semaine, en luy donnant le nombre de chasseavant qui seront nécessaires pour avancer ces ouvrages. Je ne raanqueray pas de vous faire tenir les fonds nécessaires pour les faire avancer aulant qu'il sera possible, et vous pouvez faire estât que je vous feray remettre par le premier ordinaire 3o,ooo livres pour cela.
Vous pouvez dire au sieur Raulel qu'il peut faire estât de ne point revenir icy, estant nécessaire qu'il s'applique à conduire les travaux et qu'il demeure continuellement dans Tisle de Ré jusqu'à ce qu'ils soyent achevés.
J'ay dicté la lettre que mon fils vous écrit; vous en ronnoistrez assez l'importance pour eslre persuadé que vous l'exécuterez ponctuellement et que, parle premier ordinaire suivant, je recevray le mémoire que je vous demande.
( D*pol dm fortifications. Mm soft, 167*. fol. 40. )