‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 69 sur 470 · A COLBERT DE TERRON · texte numérisé non relu

A COLBERT DE TERRON

INTENDANT A ROCHEFORT

Versailles, 7 avril 167&.

Je vous envoyé à cachet volant la lettre que j'écris au sieur de Demuin 1 sur le sujet des travaux des isles de Ré et d'Oleron , comme aussy le mémoire des résolutions que le Roy a prises sur celle d'Oleron 2. Outre les ordres généraux que vous devez donner partout, il est nécessaire que vous preniez un soin particulier de tout ce qui regarde la rivière de Charente, la construction des vaisseaux du roy, de l'arsenal de Rocheforl et de tout ce qui en dépend. Examinez si, en cas de nécessité apparente, vous ne pourriez, dès à présent, prendre vos mesures pour pouvoir faire monter les vaisseaux du roy plus haut dans la rivière; enfin, c'est une pensée qui me vient, qui vous servira seulement à vous exciter à penser avec soin et application à tous les expédiens que vous pourrez trouver

rien faire, ni pour empescher le succès des armes de Sa Majesté, ni pour attaquer une place en bon estât, trouvant ces deux trèsfoibles, ne puissent les attaquer et les enlever."

' Voici celte lettre :

* Je suis bien ayse d'apprendre que vous ayez Tait commencer les travaux de l'iale de Ré. Toutes mes lettres vous ont si clairement et si fortement fait connoistre l'importance de ces travaux que je ne doute point que depuis que vous les avei reçues vous n'ayez redouble" vostre diligence, voslre tète et vostre application pour les avancer autant qu'il est nécessaire pour le bien du service du roy et pour empescher que le royaume ne puisse estre attaque par cet endroit

« Sa Majesté a este* bien ayse d'apprendre que vous ayei trouvé 9/100 hommes d'infanterie, a5o dragons et 60 cavaliers de milice de l'isle. Elle ne doute pas que le sieur de Courcelles ne travaille avec soin à les discipliner et é les rendre, par le fréquent maniement des armes, capables de se bien défendre.

"A l'égard des travaux, je vous prie toujours d'y donner une entière application et de travailler nuit et jour i les avancer, estant nécessaire que vous agissiei comme si vous estiez

y tenteront une descente dans tout le courant du moi» de may. Pour cet effet, il faut fortifier et augmenter les corvées, distribuer le travail par paroisses , afin que celles qui auront le plus tosl achevé soyenl aussy le plus tost soulagées, augmenter le nombre des maçons et charpentiers, faire venir de tous costés les outils cl les matériaux qui sont nécessaires, faire (Impossible en tout pour exécuter ponctuellement les devis, plans et mémoires du sieur de Vauban (sans vous en départir pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse estre) et pour achever les travaux du fort de la Prée et de tous les endroits de l'isle qu'il faut fortifier, dans le courant du mois prochain, ainsy que vous me le faites espérer par vos lettres.

« Il est aussy nécessaire que vous pessiex en l'isle d'Oleron et que vous voyiez si tous les travaux qui s'y peuvent faire s'avancent; il sera bon que vous eu laissiez le soin au chevalier de f.lerville.

« 11 faut pareillement que tous pensiez au travail du fort de la Pointe et aux antres travaux qui sont à faire dans la rivière de Charente pour la mettre en estât de défense. . . » (Dépôt dm fortif. 1 67/i , fol. 95.)

« Ce mémoire se trouve dans le manuscrit à la suite de la leUre à Colhert de Terron.

F0KTIF1CAT10NS. 105

pour bien défendre la rivière et les costcs maritimes, cl à sauver l'arsenal et les vaisseaux du roy en toute sorte d'accidens.

Outre ces pensées, j'estime absolument nécessaire qu'avant que les vaisseaux partent, vous assembliez trois ou quatre et jusqu'à six des meilleurs officiers de marine, et qu'après avoir bien examiné ensemble tous les cas qui peuvent arriver, ou d'une descente pour piller, ou d'une descente qui aura réussy, ou de l'attaque d'une place, soit dans les isles comme le fort de la Prée et la citadelle d'Oieron, vous examiniez en mesme temps tous les secours qui pourroient estre donnés soit pour défendre la place, soit pour attaquer les vaisseaux ennemis, soit par le moyen des bruslots, des barques et des baslimens légers postés en divers lieux des costcs pour pouvoir faire quelque effort considérable , en toute sorte de rencontres, et disposer pour cela des officiers habiles, intelligcns et braves. Comme c'est une matière de grande conséquence, je vous prie de vous y appliquer.

Il est nécessaire que vous envoyiez visiter le cliasteau de la Chaume, pour y faire les réparations nécessaires pour empescher qu'il ne soit insulté

(Depot des fortification», M». *o5, 167* , fol. 5)7.)

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