‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 2)Chapitre 79 sur 470 · A M. PONCET · texte numérisé non relu

A M. PONCET

INTENDANT A METZ

Versailles, 7 juillet 1 67A .

Pour réponse à vos lettres des 18 et 27 du mois passé, le Roy ma ordonné de vous faire sçavoir que Sa Majesté avoit donné des ordres au sieur de Sain l-Lô de faire un voyage à Metz toutes les trois semaines. Ainsy il est nécessaire que vous suiviez ses avis, après qu'il les aura communiqués à M. de Rochefort s, en cas qu'il soit sur les lieux et qu'il les approuve. Mais lorsque le sieur de Rochefort n'y sera pas, il faut vous régler sur les avis du sieur de Saint-LA, et surtout observer, lorsqu'il apportera quelque changement à ce qui a esté résolu par le Roy, de m'en informer, afin que j'en puisse rendre compte à Sa Majesté.

C'est le seul expédient que je vous puisse donner sur la proposition que vous me faites d'avancer de 6 toises dans le fossé la face du bastion Saint- Louis de la citadelle de Metz qui a coulé et que vous devez incessamment

' Gruge ou Grute, entrepreneur des travail» de Doullens. — il s'était chargé de remplir le ravin dont il est question dans la lettre, à raison de 46 sous la toise cube.

1 Les plans et dessins de Vauban n'ayant pas <*té entièrement suivis dans la fortification de Guise , Colbcrt s'empressa d'écrire an directeur des travaux «qu'il faudrait dans la suite s'y conformer absolument et rectifier le plus tosl qu'il serait possible les ouvrages faits.» Henri-Louis d'Aloigny. marquis île IWIio-

fort, servit tous M. le Prince dès i643, et eut la charge de capitaine-lieutenant des gendarmes-dauphin, à la création de cette compagnie en i665. Maréchal de camp en 1668, lieutenant général des armées en 1 67 « . Il reçut en 1673 le commandement des troupes qui étaient en Lorraine et dans les Trois-Évéchés , et obtint en 1675 le gouvernement de ces provinces. A la fin de ceUe même année, il fut créé maréchal de France. Mort à Nancy le 9» mars 1(170.

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faire restablir, ne pouvant d'icy juger sur vos lettres ce qui peut eslre de plus avantageux au service du roy; ce pendant je vous recommande toujours de faire travailler avec toute la diligence qui vous sera possible.

Sa Majesté m'a aussy ordonné de vous dire qu'elle veut que la ville de Mclz fournisse moitié des 60,000 livres que le sieur de Saint-Lô a estimées nécessaires pour la dépense des ouvrages à faire à ladite ville, qu'elle pourvoira incessamment à l'autre partie de cette somme \ et que son intention est que vous passiez promptement le marché desdits ouvrages, afin d'obliger les entrepreneurs à mettre la main à l'œuvre sans perdre de temps et «le les pousser avec grande force et vigueur.

J'ay rendu compte au Roy du procès-verbal que vous m'avez envoyé touchant l'estimation des maisons qu'il faut démolir pour faire le glacis de la contrescarpe de la citadelle de Metz2; Sa Majesté a fait le fonds do

1 D'après un second devis fait par l'ingénieur SainlLo, res travaux s'élevèrent « 90,000 livres. Un arrêt du conseil imposa alors 60,000 livre» sur les denrées qui se débitaient dans Meti; le surplus devail être fourni par le trésor royal. Aucun habitant n'ayant voulu avancer la somme fixée, on décida que le corps dos métiers serait obligé à la fournir, et Colbert écrivit le 9 septembre suivant à l'intendant :

«■J'ay fait expédier l'arrvsi du conseil nécessaire pour cet effet, lequel je vous enverray dans trois ou quatre jours. Je vous prie de tenir la main qu'il soit ponctuellement exécuté. Cependant comme il est de grande conséquence de faire faire ces ouvrages avec toute la diligence possible, je donne ordre au trésorier des fortifications de vous remettre i5,ooo livres sur ledit fonds de 3o,ooo. Prenex bien garde, s'il vous plaist, que ces deniers soyent mesnagés ave»- grande économie, et utilement employés. Au surplus, je ne vous recommande pas moins les autres travaux de la citadelle dont vous connoisseï l'importance. . . »

Le 16 mars 1675, Colbert ajoutait:

«Puisque les dépenses faites par la ville de Melx ontpresqne consommé les 3o,ooo livre» que le Roy a fournies pour son tiers, et la plus grande partie des «0,000 livresque ladite ville «voit accordées, vous pouvez faire entendre aui érhevins que Sa Majesté continuera toujours volontiers à donner un tiers du fonds qu'il faudra pour ces ouvrages, pourvu que la ville en

fournisse aussy de sa part deux tiers, ainsy qu'elle a fait par le passé. Lorsque vous aurez fait cet établissement , vous pourrex me faire nçavoir quelle somme la ville se sera obligée de bailler, afin que j'y poorvoyc à proportion, pour le tiers de Sa Majesté. . . » (Dtpêl de» forlif. 1675, fol. 34.)

* Voici les recommandations que, le i5 mai précédent, Colbert faisait a l'intendant à l'ég»rd des maisons qu'il était nécessaire de ra- *er pour le glacis de cette citadelle.

«H faut voir les contrats d'acquisition* de celles qui ont esté vendues depuis vingt ans , les partages, taux à loyer et autres titres concernant la propriété et jouissance desdites maisons, et quand l'on anroit kt> pièces d'une partie, elles pourroienl suffire pour faire l'estimation du tout et en fixer le prix. C'est pourquoy, si vous ne vous estes pas encore fait représenter ces pièces, le Roy veut que vous travailliez incessamment à vous les faire rapporter, n'estant pas question d'une estimation d'experts, mais de voir par ces pièces la véritable valeur de ces maisons pour en rendre compte à Sa Majesté. Cependant il sera bon de disposer toujours les propriétaires desdites maisons à en faire robasti r d'autres dans la ville aux lieux que vous me proposex, afin qu'aussytosl qu'il aura esté pourvu à leur remboursement, ils puissent faire travailler a la construction des nouvelles maisons. . . * (Dépôt du forti/. ifi^A, fol.

70,000 livres que vous demandez pour cet effet. Ainsv vous pouvez, sans difficulté les faire raser, et je vous enverray de l'argent lorsque vous me marquerez en avoir besoin.

( Dépôt d*s fbrlincatioiw , Mus. ™5 . 1 1>7 'i , M. » 97 )

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