A M. DE BRETEUIL
ETENDANT A AMIENS
Venailles, 1 3 octobre 1G74.
J'apprends que vous avez fait faire un rabais de 10 sols sur chacune toise cube de terre et de gazonnemenl à faire pour les parapets des bastions d'Ardres, et qu'ainsy vous l'avez réduite de ho à 3o sols; je ne doute pas que, parle soin et l'application que vous donnerez dans les nouvelles adjudications que vous ferez des ouvrages des places de Picardie, vous ne trouviez le moyen de diminuer considérablement le prix desdils ouvrages et de mesnager les deniers du roy avec toute l'économie possible.
Cependant j'attends les mémoires que vous devez m'envoyer des travaux qui ont esté faits cette année auxdites places et de ceux qui seront encore à y faire l'année prochaine, afin d'en pouvoir rendre compte incessamment au Roy.
Vous trouverez cy-joint la lettre du Roy qui vous est nécessaire pour faire couper dans les bois du comte d'Egarant les arbres qu'il vous faudra pour faire les fraises et les palissades de Doullens2. En cas qu'il n'y en eust pas la quantité dont vous pourrez avoir besoin ou que vous en puissiez avoir à meilleur compte dans la forest de Luchcux3 appartenant à la maison de Longuevillc, vous pourrez en traiter avec les officiers de cette terre, qui m'ont offert de les donner à juste prix.
(Dépôt .le fortifications, Mm. so5, 167*, fol. ,9*.)
' Le uiéme jour, Colbert informait de Montbron que le Roi avait été fort satisfait du soin qu'il prenait de faire avancer les travaux de McU. Il lui annonçait l'arrivée de rîmjvnieur Saint-Lù, et le priait de conférer avec lui et de lui donner des avis sur ce qu'il estimait A propos de faire pour fortifier la place.
1 Onze jours auparavant, Colbert lui avait déjà écrit à ce sujc' :
*J'ay rendu compte au Roy do la proposi •
lion que vous m'avez faite de prendre les fraises et palissades nécessaires pour Doullens dans les bois d'Aitxy *, appartenant ou coinle d'Egmont. Comme Sa Majesté l'a approuvée, vous pouvez sans diûiculté faire travailler incessamment à eu couper la quantité dont il sera besoin pour la fortification de cette place.» (fVpût d«t /wtjf. «67a, fol. a88.)
(Somme).
* Auxv lr-<:h*Uwu. arroiitliMCine.il de Sainl Pol-snr-TVrnoiw ( l'acte Calai* ).
KOMIFIGATIONS.
Versailles, ao octobre 1674.
Je vois clairement, par le détail que vous me faites dans vostre lettre du 19 de ce mois, Testât des travaux de chacune des places de Picardie qui sont du costé de la mer, dont vous venez de faire la visite. J'en feray la lecture au Roy, et je ne doute pas que Sa Majesté ne soit très-satisfaite du compte que vous en rendez et des ordres que vous avez donnés pour faire finir incessamment les ouvrages qui restent encore ù parachever.
Touchant la proposition que vous me faites de passer un marché pour l'entrelènement de tous les ouvrages de terre d'Ardres et ensuite de toutes les autres places de Picardie, je dois vous dire qu'il sera difficile que cela réussisse, à moins que vous ne fassiez faire un devis exact de tous les ouvrages qui doivent estre entretenus, et que les gouverneurs et majors desdites places ne prennent un soin particulier de les faire conserver, auquel cas la dépense qu'il faudra faire pour ledit entretènement sera peu considérable; mais si les gouverneurs et majors n'en ont pas soin, quelque marché que vous fassiez avec un entrepreneur, il luy sera impossible de l'exécuter. C'est pourquoy vous devez, dans toutes les places, exciter fortement les gouverneurs et majors de bien conserver les ouvrages de terre des glacis, contrescarpes, chemins couverts, escarpes «les fossés et parapets des bastions, leur faisant connoistre qu'après une dépense aussy considérable que celle que le Roy a faite jusqu'à présent, si leurs places se ruinent , Sa Majesté s'en prendra à eux.
Lorsque vous les aurez bien excités, si, de concert avec eux, vous trouvez quelque entrepreneur qui, pour une somme modique, veuille les entretenir, vous pouvez sans difficulté luy en passer marché, après m'en avoir donné avis. Mais vous pouvez estre assuré que le meilleur expédient que vous puissiez prendre consiste en vostre application et en vostre vue, c'est-à-dire que, dans les voyages que vous ferez en toutes ces places selon les diverses occasions, il faut que vous visitiez tous les ouvrages de terre de chacune place, que vous fassiez connoistre aux gouverneurs et aux majors les désordres que vous y aurez trouvés, et que vous les fassiez réparer en vostre présence par les entrepreneurs avec lesquels vous aurez traité.
Voilà tout ce qui regarde les ouvrages de terre; mais à l'égard des couvertures des magasins, corps de garde, logemens des gouverneurs et
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autres baslimens, il fiiul que vous fassiez des marchés en chacune place pour leur cntretènenient '.
Le Roy m'a dit que M. de Vauban devoit es Ire à présent dans les places de vostre département pour visiter tous les ouvrages qui ont esté faits celte année, et faire les mémoires, plans et dessins de tous ceux qui devront estre faits Tannée prochaine. Aussytost que vous en aurez l'avis, il est nécessaire que le sieur Ferry parle pour l'aller trouver et le suivre pas à pas, afin qu'il puisse recevoir ses pensées et tous les mémoires qu'il fera, et ensuite me les envoyer pour les faire exécuter ponctuellement.
A l'égard de la face du bastion du fort de Nieulay qui menace ruine, comme le Roy a fort à cœur cette matière et veut estre exactement informé de toutes choses, vous ne deviez pas vous contenter de la faire visiter par des experts, mais il falloit leur en faire dresser un rapport en forme et me l'envoyer.
(Depot des fortification.. Mm. aoB. «67A, fol. 199.)