‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 124 sur 486 · A M. ARNOUL · texte numérisé non relu

A M. ARNOUL

1ME.NDANT DES GALÈRES A MARSEILLE

De. . . 7 mare 1670.

Je vois, par vostre lettre du a a du mois passé, les raisons que vous alléguez en faveur des capitaines des deux galères qui ont porté en Italie MM. le* cardinaux et M. le duc de Chaulnes pour les exempter du blastue <juon leur donne de ce qu'ils n'ont point esté jusqu'à Civita-Vecchia ; et quoyque ces raisons me paraissent assez bonnes, et que je sois persuadé que ce n'a pas esté la considération de la dépense à laquelle ils s'estoient engagés qui les a obligés de ne point passer Gênes, il est certain néanmoins qu'ils ne dévoient pas se rebuter si facilement des difficultés qu'ils ■t voient rencontrées, et il faut à l'avenir, en de pareilles occasions, recommander aux capitaines de faire leurs efforts pour surmonter les obstacles qui pourraient les empescher de continuer leurs voyages, et de se roidir davantage contre la mer et les vents, n'y ayant rien de si grande conséquence que de mettre les galères du roy en estai do naviguer en toutes sortes de saisons, et de tenir la mer plus longtemps qu'aucunes des autres galères de l'Europe.

Je vous avoue que je suis étonné que vous ayez mis en liberté une parue des forçats invalides des galères, et que, dans une affaire de cette conséquence, vous ayez agy de vous-mesme et sans la participation de M. le Général. Vous devez vous souvenir que, lorsque je vous renvoyay le rôle •Mils invalides apostillé, vous reçustes ordre, en mesme temps, de donner vostre avis sur les apostilles qui furent mises à coslé de ebacune des anq classes dans lesquelles vous les avez divisés, afin que le Roy pust prendre ensuite sa dernière résolution, laquelle vous deviez attendre avant que de relascher aucun desdits invalides.

Vous jugez bien qu'il faut exécuter un peu plus à la lettre les ordres qui vous sont donnés et observer soigneusement de ne rien faire des eboses dont M. le Général doit prendre connoissance sans les luy communiquer, ^tanl important pour le bien du service que vous luy rendiez en toute wravjon la déférence qui luy est due. . .

(Arcb.de lu Mar. IkpJche* concernanlk» gtUrm, !«i7o, fol. 3*.)

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