‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 26 sur 486 · AU MARQUIS DE MARTEL · texte numérisé non relu

AU MARQUIS DE MARTEL

LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES

Paris, i~ janvier 1666.

J'ay esté bien ayse de voir, par la lettre que vous avez pris la peine do m'écrirc à vostre retour à Toulon , la disposition où vous estes de bien profiter de l'avis que j'ay cru devoir vous donner, lequel n'a esté que de vous à moy seulement, ne m'en estant expliqué à personne, parce que, si

1 De décembre i6Ga à décembre i665, nous n'avons trouvé aucune pièce relative à la marine. — Le volume qui existe aux Archives du ministère de la marine el qui contient la correspondance de Colbert pour c«' laps de temps, traite de questions toutes différentes.

« Pareille lettre fut écrite à MM. d'Infreville, intendant à Toulon; Arnoul, intendant •les galères ù Marseille ; de Tcrron , intendant à Rocheforl; d'Estrades, amlwssadeur en Hollande; de Pomponne et deTerlou, ambassadeurs en Suède, et à M. Courtin, résident pour la Frauce dans les pays du Nord.. — De s»«mbtahh>s avis furenl aussi envoyé aux

commandants des vaisseaux, aux capitaines des ports et aux commissaires de marine. — Ce n'est qu'en 1669 que, pr suite d'un échange dans les attributions de M. de Lionne el de Colbert, ce dernier fut définitivement pourvu de la charge de secrélaire d'Elat el prit en main les affaires de la marine. (Voir II, 653 , pièces n"* 39 el 33 ; et ci-après, pièces n" 5a et 5g. )

* Capitaine de vaisseau en 1637, chef d'es cadre en ifi'ia, lieuleuanl général en iGûO. Après la mort du duc de Bcaufort, il commanda l'armée navale. Mis à la Bastille le 3i octnbiv 1 C73 , pour avoir désobéi aux ordres du comte d'Est rées, il en sortit en iG'jti. Mort en avril 1 68 1 . ( Voir 11 . Introduction , c.cxt,. )

vou> eussiez persisté dans votre première maxime, il auroit esté difficile, juelque estime que j'aye pour vous, de la pouvoir soutenir auprès du Roy, j ii i est fortement scandalisé d'apprendre que l'esprit de cabale et d'intrigue qui a toujours fait tant de mal dans le corps de la marine, et qu'il croyoit estre, sinon arraché, au moins assoupy, se réveille plus fort que jamais1.

Je vous conjure donc de travailler, de vostre part, à réunir tous les cœurs et les faire conspirer par un commun accord au bien du service, qui est la conduite la plus avantageuse pour vostre propre intérest que vous paissiez tenir2.

( Arch. de k Mar. Dépêche» concernent la suris», 1666, fol. 8.)

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