A M. GABARET
CHEF D ESCADRE
Saint-Germain, 3o décembre 1676.
Le Roy a reçu avis que Tromp estoit arrivé à Cadix et qu'il devoit attendre les vaisseaux marchands chargés des effets de la flotte de Neuve- Espagne appartenant aux Hollandois, pour les escorter jusque dans les ports de Hollande. Et comme Sa Majesté a considéré que le nombre de vaisseaux commandés par ledit Tromp n'alloit pas à plus de quinze ou seize, dont les équipages sont affoiblis par le long temps qu'il y a qu'ils sont à la mer, elle a pensé que , en faisant joindre les onze vaisseaux que vous commandez avec cinq vaisseaux de Saint- Ma In armés en guerre, vous pourriez estre en estât ou d'attaquer ledit Tromp, ou d'entreprendre, sur l'avantgarde ou l'arrière-garde de cette flotte, quelque chose dont le succès pourroit estre avantageux. C'est sur quoy elle m'a chargé de vous écrire qu'elle veut que vous examiniez cette proposition avec le chevalier de Château- Renault, afin que si vous trouvez quelque apparence de la faire réussir, comme Sa Majesté en est persuadée, vous vous mettiez en estât de l'exé-
1 Voir 11, 684, pièce n' *78 o| , ,ole.
cuter, et , pour cet effet , que vous vous informiez soigneusement de tous les avis qui viendront dudit Trompf et vous postiez en lieu où il ne puisse passer sans estre découvert, c'est-à-dire entre les caps de Finistère et de Clare et Ouessant et les Sorlingues, où vous pouvez consommer le reste de vos vivres l.
Comme il y a desjà du temps que la flotte est arrivée à Cadix , et que les vaisseaux: de Tromp y ont chargé tous les effets des Hollandois, il est à croire qu'il passera dans peu de jours. Sa Majesté fait écrire aux propriétaires des cinq frégates de Saint-Malo d'aller joindre ses vaisseaux à Brest. J'attendray vostre réponse sur cette proposition avec impatience.
(Arch. de la Mar. Dépêches concernant la «*n«, 167 à, fol. 3»S.)