‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 315 sur 486 · AUX INTENDANTS · texte numérisé non relu

AUX INTENDANTS

COMMISSAIRES GÉNÉRAUX DE MARINE

Saint^ermain, a7mars,67fi.

Je vous ay envoyé un" mémoire particulier de toutes les principales mar-

ment une autre lettre adressé par Colbert à vous n'avez pas laissé de prendre sur luy l'avan-

gagné pendant la nuit le vent qu'il avoit sur vous le soir précédent, et celuy de la fermeté, l'ayant obligé de plier deux fois devant vous. Une si belle action nous donne icy des rances certaines de toutes celles que vous à l'avenir, lorsque les occasions s'en ront; vous devez estre assuré de la part que j'y prendray toujours, et je n'omettray rien de ce qui pourra concourir à vos avantagea et à vostre satisfaction.»

1 Le chevalier de Tourville, qui commandait le Sceptre, avait reçu mission, au moment où Ruyter se retirait, de protéger le brûlot du capitaine Champagne, qui devait s'attaquer au vaisseau amiral ennemi. Ce brûlot fut maltraité ou point que le capitaine Champagne se vit forcé d'y mettre le feu pour l'empêcher de tomber anx mains des Hollandais. (Guérin, Hitt. t. de Frttnee, III, 17$.)

«Je toi* avoue qu'il y a bien longtemps que

je n'ay écrit de lettre avec autant de plaisir que celle-cy, puisque c'est pour vous féliciter du premier combat naval que les forces du roj ont livré contre les Hollandois, dans lequel vous avez donné de si grandes preuves de »ostre capacité, de vostre fermeté et de vostre valeur que, ayant autant d'envie que vous sçavez que j'en dois avoir que les armes du roy soyent aussy glorieuses par mer que par terre, je ne puis m'empescher de prendre part plus que personne à la gloire que vous avez acquise et à la satisfaction que Sa Majesté vous a tesmoignée d'une aussy belle et aussy grande action que celle que vous avez faite ; et vous ne pouvez pas douter que le Roy n'ayt fort bien remarqué que, ayant aflfaire au plus habile matelot, et au plus grand et au plus ferme capiile mer qu'il y ayt à présent au

chandises qui se sont trouvées dans l'inventaire des magasins de l'arsenal de... que vous m'avez adressé, et je vous ay aussy fait connoislre qu'il estoit de très-grande conséquence d'examiner avec soin ces principales marchandises, de quelle qualité elles sont et leurs défauts, pour trouver les moyens d'y pouvoir remédier à l'avenir.

Il est nécessaire que vous exécutiez promptement cet ordre et particulièrement que vous fassiez visiter, l'un après l'autre, tous les mousquets, mousquetons, pistolet* et autres armes hautes et tranchantes; et, en cas qu'il y en ayt de différentes grandeurs, calibres et qualités, il est nécessaire que vous les fassiez toutes séparer, mettre ensemble toutes celles qui sont de mesme grandeur, calibre ét qualité, et auxquelles il n'y peut avoir rien à redire pour le service, diviser celles qui sont de différens calibres et grandeurs, mettre principalement à part toutes celles auxquelles il faut travailler pour les remettre en estât et y faire travailler continuellement, et, en cas qu'il y en ayt qui ne soyent pas en estât de servir, les mettre pareillement à part et m'envoyer un estât exact de cette vérification.

Vous devez juger facilement combien il est important de tenir la salle d'armes en bon estât, de prendre garde que les armes soyent bien entretenues, bien rangées, qu'elles soyent continuellement visitées et raccommodées pour toutes les pièces qui se peuvent rompre; enfin il faut que vous vous fassiez une application continuelle de visiter lesdites armes et de les bien faire ranger, pour les mettre en estât non-seulement de servir toutes les fois que le Roy en aura besoin, mais mesme de faire honneur à Sa Majesté, lorsque les François et les estrangers visiteront les magasins.

Ne manquez pas de vous bien acquitter de l'ordre que je vous donne sur cela, et de m'envoyer, tous les trois mois, un mémoire exact de Testât auquel sera la salle d'armes dudit arsenal.

(Arcû. delà Mar. Dépêche* concernant la marine, 1676, fol. f st.)

Page 1