‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 448 sur 486 · AU SIEUR BRODART · texte numérisé non relu

AU SIEUR BRODART

INTENDANT DES GALÈRES A MARSEILLE

Versailles, 19 may 168a.

Le Roy a reçu, avec les lettres du sieur Brodart du 5 may, la liste des officiers des galères qui ont assisté aux conférences tenues sur le sujet des constructions pendant le mois d'avril 168a5.

' Cinq jours après, le ministre écrivait au Meur d'Ortières :

«Je vous ay desjà écrit que le nommé Le .vurre , écrivain ne ta rtciwie, a esie accuse d'avoir mangé de la viande sans nécessité pendant le caresme dernier. Comme le sieur Amiranlt m'écrit qoe l'aumosnier de celle galère s'est plainl à luy du scandale que cet écrivain a causé, n'ayant point profité de la correction qui luy en a esté faite, examinez

si celte plainte se trouve bien fondée, cet écrivain mérite d'estre chastié.» (ft»/>. cane, les gai. foi. to5.)

en 1681, cassé le s 8 févrie^de Tannée suivante.

' Un projet était à l'étude depuis quelques années sur le même objet ; on lit , dans une lettre au duc de Vivonne du i a janvier 1680 :

« 11 n'y a rien de mieux que tout ce que vous écrive» au sujet de la tbéorie des eons-

Le chevalier de Noailles estant party depuis quelques jours pour se rendre à Marseille, Sa Majesté ne doute pas qu'il ne trouve à son arrivée les quinze galères disposées à partir au premier ordre qu'il en recevra; et comme le sieur du Quesne doit arriver incessamment ou estre mesme desjà arrivé à Toulon, et que le chevalier de Noailles doit mettre à la voile aussytost qu'il sera arrivé, Sa Majesté veut qu'il prépare toutes choses pour faire sortir du port de Marseille lesdites galères sans qu'il

Sa Majesté luy a desjà fait sçavoir le peu de satisfaction qu'elle a de la mauvaise qualité des recrues faites par les officiers; il a eu grand tort de ne pas informer de ce détail à mesure que lesdites recrues sont arrivées à Marseille, parce qu'il auroit esté temps alors d'y remédier en empeschant que l'on ne reçust ces recrues, et qu'à présent il faut absolument se servir pendant cette campagne des soldats qui ont esté levés. Cependant, comme Sa Majesté veut faire connoistre aux capitaines le peu de satisfaction qu'elle a de leur conduite à cet égard, elle veut que le sieur Brodarl leur déclare qu'il n'a ordre de leur passer la subsistance de leurs soldats de recrue que du commencement de ce mois; et, en cas qu'il leur ayt fait payer du i5 avril, Sa Majesté veut qu'il retienne sur leurs appointemens et sur leur table ce qu'ils auront reçu de trop, à l'exception des chevaliers de La Bretesche, de Bethomas, de Saint-Hérem et du comte du Luc, dont les recrues se sont trouvées bonnes.

Elle a vu, par la revue de la chiourme des galères, Testât auquel elle est, et elle a desjà donné l'ordre, le iq de ce mois, pour fournir sur la galère la Valeur dix forçats à choisir sur la chaisne conduite par le nommé Fabre, qui doit estre à présent arrivé à Marseille; et comme la galère In Perle, commandée par le chevalier de Tincourt \ est la plus foible de tout

truclions et du règlement pour la manœuvre des galères. Je vous prie d'avancer ce travail autant qu'il se pourra sans vous trop presser; et, à l'égard des manœuvres, Sa Majesté m'a ordonné de vous écrire encore qu'il faut rendre les commandemens courts et François autant qu'il sera possible , et en bannir tous les termes barbares dont on s'est servy jusqu'à présent.

«A l'égard de ce que vous m'écrivei sur les manœuvres, il est certain qu'il ne faut pas changer le» noms qui sont connus dans la Méditerranée et desquels on s'est servy jusqu'à présent. . . » (Dép. conc. U$ gai. fol. i ».)

1 Le bailli de Tincourt, capitaine de palère

en 168a , inspecteur de l'hôpital de Marseille en 1 686. Se retira du service en i "jolt , et mourut le 3 novembre 1 7 1 6 , à l'âge de soixante et treise ans. — En 1678, Seignelay, sur la recommandation de son frère, le chevalier Cotbert, ayant proposé à soa père le chevalier de Tincourt pour surveiller à Malte l'achat des esclaves destinés aux galères, avait reçu la réponse suivante : «Je m'étonne que vous avez souffert que vostre frère vous nyt propose le

vous sçaviez que je luy avois faite de I (Arch.de la Mac. GoUxrl et StSgmhf ,

le corps, il trouvera cy-joints les ordres pour donner vingt forçats à choisir sur cette chaisne et sur celle qui est conduite par le nommé Marion, qui arrivera incessamment en ladite ville.

Elle a vu aussy que les galères l'Invincible, la Reyne, la Forte, la France, la Fortune, la Sirène, la Brave, la Grande et la Belle ont des chiourmes beaucoup moins fortes que les autres ; et comme il faut faire en sorte de les égaliser, s'il est possible, et que, par Testât de la revue, il manque sur lesdites galères 57 forçats pour rendre les chiourmes complètes, Sa Majesté veut que les capitaines de ces galères choisissent ce nombre sur les a5o forçats dont sont composées les chaisnes des condamnés aux galères par les parlemens de Paris, Rouen, Bordeaux et Toulouse, qui sont a présent arrivées à Marseille ou qui y arriveront incessamment, et que, après avoir fait le choix de ces 5 7 forçats, la répartition se fasse sur chaque galère à proportion de l'ancienneté de chacun des capitaines et du nombre qui manquera sur leurs galères, en sorte que, s'il en manque par exemple dix au plus ancien, cinq à celuy qui le suit immédiatement et trois à celuy qui est le plus ancien après, il faudra que le premier en choisisse trois, le second deux et le dernier un, et que de cette sorte il continue jusqu'à ce que le nombre de chacun soit complet.

Il pourra ayséraent remplacer ce qui manque de mariniers de rame, tant par les chaisnes de q5o forçats qui arriveront incessamment, que par les Turcs qui pourront estre achetés, ou par le moyen des autres chaisnes qui pourront estre envoyées à Marseille dans le cours de celte année.

Sa Majesté a vu son calcul sur le nombre de forçats qu'il faudra avant que de penser à diminuer celuy des mariniers de rame ; elle luy fera sçavoir ses intentions sur ce sujet à la fin de Tannée, n'estant pas temps à présent de raisonner sur ce fait.

Sa Majesté sera bien ayse de voir le mémoire des leçons que le jeune Cliabert a données aux officiers subalternes qui ont assisté aux conférences tenues sur les constructions et elle approuve la proposition qu'il fait

* La ministre avait écrit, le 18 avril précédent , à Brodart :

9 Le sieur de Manse m'a fait sçavoir que les

ture de la salle où Ton construit le modèle de galère et que le jeune Chabert ne doit donner des leçons que trou jours de la semaine. Vous devec luy dire qu'à l'exception du dimanche, du jeudy et des Testes, il donne tous les jours des leçons par écrit ou qu'il explique de vive

comme je sera y bien ayse de voir de quelle manière il traite la matière de la construction des galères, ne manques pas dem'envoycr un cahier desdites leçons ...» {Dty. conc. le» gai. fol. io3.)

Après quelques leçons, Chabert refusa de continuer son cours, en alléguant qu'il appréhendait que l'on n'apprit son métier, et qu'il ne

qui pût parler A fond des constructions. La

d'obliger ledit Chabert à tenir ses conférences le lundy, le mcrcredy et le vendredy, et le père Boufa à enseigner la géométrie auidits ofliciers le mardy et le samedy.

Sur ce qu'il a écrit au sujet du travail qu'il a fait faire pendant les festes lorsque le départ des galères a esté pressé, Sa Majesté veut qu'il évite pareille chose à l'avenir autant qu'il luy sera possible, et qu'il ne le fasse Qu'après avoir pris la permission de M. l'évesque de Marseille ou de son grand vicaire.

Elle ne veut pas que le sieur Le Seurre change de galère; il faut que les officiers s'accousturaent à traiter honnestement les écrivains, sans espérer qu'ils obligeront à les changer de galère pour les plus mauvais traitemens qu'ils leur pourront faire; ainsy il ne doit pas manquer de restablir cet écrivain sur la Victoire, sur laquelle il servoit

Sa Majesté a esté informée que les écrivains de ses galères ont esté chargés jusqu'à présent de la distribution des vivres qui y ont esté embarqués; comme cet usage est très-mauvais, elle veut qu'il le change absolument, et que le munitionnaire establisse des commis sur chacune desdites galères pour prendre soin de cette distributic i , de la rncsroc manière qu'il l'a fait sur les vaisseaux; bien entendu que lesdits écrivains leur serviront d'inspecteurs et qu'ils seront informés de la quantité de vivres qui sera embarquée sur chaque galère. . .

(Arcli. de In Mar. Dep/clw* concernant te* galère* , 1 083, foi. Ilf.)

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