A M. DE VAUVRÉ
INTENDANT DE MARINE A TOULON
Fontainebleau, l'iaoust i683.
Je vous renvoyé sur-le-champ le courrier de M. du Quesue pour vous expliquer les intentions du Roy dans Testât présent des affaires d'Alger \ et pour vous dire qu'il faut que vous envoyiez en diligence sur une barque la quantité de poudre qu'il vous demande ainsy que les 706 bombes d'Auxonne qui restent de l'année dernière, desquelles il pourra se servir pendant la nuit en faisant approcher d'Alger les galiotes et conservant pour le jour celles* qui luy resteront.
Je vous recommande aussy de luy envoyer toutes les munitions qu'il vous demande, afin que rien ne puisse luy servir d'excuse s'il n'exécutoit pas ponctuellement les ordres de Sa Majesté.
Et comme, en cas que ce qui u esté rapporté au Roy que les mois de novembre et décembre sont ordinairement fort calmes devant Alger fust véritable, elle pourroit prendre la résolution d'envoyer encore 2 ou 3,ooo bombes pour continuer à battre la ville et réduire ces corsaires à recevoir les conditions qui leur ont esté proposées, Sa Majesté veut que vous fassiez fondre à Fréjus la plus grande quantité de bombes qu'il vous sera possible, et elle en fait fondre avec diligence i,5oo en Bourgogne et i,5oo en Angoumois, afin de les faire passer à Toulon à mesure
'•Le bombardement d'Alger avail recommencé le s 1 juillet, et le» ennemis, espérés, commirent d'horribles cruautés. Après avoir épuisé ses bombes, au nombre de trois mille cinq cents environ, du Quesne, laissant la vilh-, qui n'était plus qu'un amas do ruines, n-vinl n
Toulon le 16 septembre; mais une escadre demeura devant le port, sous le commandement de Tourville, qui dicta au nouveau Dey, au nom de Louis XIV, les conditions de la paix, qui fut signée le a5 avril if>N4.
MARINE ET GALÈRES
quelles seront fondues et de les envoyer, s'il est nécessaire, à l'armée navale.
Il est de la dernière importance que vous fassiez faire en mesme temps la plus grande quantité de poudre fine qu'il se pourra. J'écris à M. Morant de tenir la main à ce que les moulins du sieur Berthelot ayent toute l'eau qui leur est .nécessaire, et d'en priver mesme les habitanss'i! le faut, parce que, dans une occasion comme celle-cy, on doit surmonter toutes les difficultés qui pourraient empescher le service du roy.
Vous avez eu ordre de préparer quatre vaisseaux, outre les deux qui dévoient servir à l'escorte du convoy de Levant, qui estoient destinés à fortifier l'armée navale de Sa Majesté et la mettre en estât d'aller à la rencontre de celle d'Espagne. Mais, comme le Roy veut porter toutes ses pensées du costé d'Alger, vous trouverez cy-ji «~nts ses ordres au sieur Forant pour partir avec trois vaisseaux et s'en aller incessamment à Alger joindre le sieur du Quesne; l'intention de Sa Maje S est que vous donniez incessamment au commerce le vaisseau d'escorte qui luy estoit destiné et que vous le fassiez partir, à cet effet, pour se rendre au lieu que les députés du commerce de Marseille ont désigné; ainsy il ne sera plus nécessaire que vous fassiez armer le vaisseau l'Hirondelle. t
Vous devez estre informé que Sa Majesté donne ordre à M. du Quesne d'envoyer incessamment quatre vaisseaux à Toulon pour y estre carénés avec diligence et repartir ensuite pour Alger; je vous recommande de vous préparer à fournir toutes choses à ces vaisseaux en sorte qu'ils puissent estre expédiés en cinq ou six jours et remettre ensuite à la voile pour rejoindre ledit sieur du Quesne.
Vous devez observer que tous les vaisseaux de cotte armée doivent avoir des vivres jusqu'à la fin de l'année et qu'il sera bon que vous les fassiez partir sous l'escorte du sieur Forant.
J'écris au sieur Brodart d'envoyer le reste des vivres nécessaires aux galères sur la mesme escorte, et il faut que vous l'informiez du temps du départ dudit sieur Forant afin qu'il puisse prendre ses mesures pour faire trouver à Toulon les baslimens chargés des vivres nécessaires pour lesdites galères.
(Arch.de la Mar. Dépêche, concernant la marine, .683, fol. 18Ô.) FIN DE LA SECTION MARINE ET GALÈRES.
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