AU SIEUR DUMAS
COMMISSAIRE DE MARINE AU HAVRE
Saint-Germain, a t juillet 16G9.
J'ay vu et examiné, article par article, Testât des marchandises nécessaires pour la fourniture des magasins de la marine au Havre-dc-Grâce :
1 On verra plus loin que Colberl changea d'avis au sujet de l'importance des décorations sculpturales dos vaisseaux. — » Voir pifcv n* -jh , page 1 99.
BT GALERES. WJ
je vous fais celle lellre pour vous informer de mes inlenlions sur toul ce «ju'il contient.
Je commenceray par vous dire que j'en trouve le nombre trop fort, eu égard au peu de vaisseaux qui y seront pour l'ordinaire, et qu'il faut, autant qu'il sera possible, s'exempter de prendre cbez les estrangers ce que nous pouvons tirer du dedans du royaume; celte raison devant vous servir de règle générale pour l'avenir.
La manufacture de goudron estant establic depuis quatre ou cinq ans en divers endroits du royaume, par les soins que le Roy a pris de faire venir des ouvriers de Suède, il ne faut plus à présent s'en servir d'autre. Ainsy vous pourrez, au lieu d'en faire venir du Nord, en envoyer chercher en Médoc où les paysans en bruslcnt quantité, et qui est d'une si bonne qualité que M. de Terron ne s'en sert pas d'autre depuis longtemps, poulies magasins de Rochcforl et de Brest.
Je vous ay desjà dit que, quand vous demanderez quelque chose, il faut vous expliquer en sorte que je ne sois pas obligé de deviner, comme il faut que je fasse le plus souvent1. Par exemple, vous comprenez dans vostre estai : des ancres, sans en dire le nombre; des canons de fonte et de fer, sans faire mention du calibre , ni de la quantité. J'écris à M. de Terron au sujet des ancres, pour sçavoir s'il peut vous en envoyer de celles qu'il fait fabriquera Rochcforl, et au sieur Dalliez pour les canons, mousquets, mousquetons, fusils et pistolets, afin qu'il vous les envoyé; mais auparavant il faut sçavoir de quel nombre vous avez besoin et pour quel temps.
Pour ce qui est des six douzaines tant hallebardes queperluisanes, vous pourrez les faire faire en Normandie, estant certain que, tant que nos ouvriers trouveront le débit de leurs ouvrages, ils se perfectionneront toujours de plus en plus; au lieu que, si nous occupons les estrangers, les nos 1res ne manqueront pas de se relascher. . .
(Àreh. de la Mar. Dcpécheê concernant la marine, 1669, fol. «79.)
' Colbert traitait avec assez de sévérité le noir Dumas, qu'il avait cependant employé à 'Ws négociations fort délicates en Hollande et « Angleterre. Il lui écrivait le 1" novembre
Miivjnt *
«J ay reçu deux de vos leUres, dont la der- «ère est du 3o octobre dernier. Vous entrez
que cette matière lait la plus grande partie de vos lettres. Vous devez soigneusement éviter une répétition si ennuyeuse, n'estant question que de bien servir avec grande application, et exécuter à la lettre tous les ordres et instructions que je vous ny envoyés et que je vous enverray cy-après . . . * ( Dep. conc. la mar. fol. 661.)