‹ Lettres, instructions et mémoires de Colbert (volume 3)Chapitre 86 sur 486 · DE SAINT-MALO · texte numérisé non relu

DE SAINT-MALO

Saint- Germain, to septembre 1669.

Chers et bien aimés, considérant l'establissement d'un collège de marine en nostre ville de Saint-Malo comme un moyen qui peut beaucoup contribuer à l'avantage de vostre commerce, que nous estimons l'un des plus importans de nostre royaume, par l'instruction des matelots et des jeunes ftens qui auront l'inclination portée à la marine, à l'hydrographie, à la manœuvre du canon et aux autres choses qui regardent les fonctions des officiers mariniers et des matelots, nous vous faisons cette lettre pour vous dire que nous voulons que vous confériez sur ce sujet avec les commissaires que nous avons nommés pour assister à l'assemblée des Estais de nostre province et duché de Bretagne, qui est convoquée pour le présent mois; auxquels nous avons ordonné de chercher avec vous les expédiens pour faire cet establissement, pour l'instruction et multiplication du nombre des matelots, pilotes, canonniers et autres gens propres pour la manœuvre et conduite des vaisseaux l. Car tel est nostre plaisir.

( Arch. de la Mar. Ordre, du roi pour la marine, 1669 , fol. 1 a3. )

■ut*) premièrement que vous ne devez compter à rien toutes les traverses que Ton vous donne et tontes les petites brigues et cabales dont vous vous plaignes, d'autant que vous pontes croire que cela ne sera pas de la 'lunce de ceux qui les font , et tout au plus de la vflle de Toulon.

-Ensuite, vous devez considérer que Tarserwl de manne de Toulon doit cslre disposé pour recevoir au moins 5o ou 60 vaisseaux, et que. comme il peut arriver des occasions de pierre qui obligeraient le Roy à faire passer toutes les forces maritimes dans la Méditerranée, il seroit nécessaire que cet arsenal servist i un beaucoup plus grand nombre. Et si vous v)ii};»?s à celte raison qu'il vous paroist bien rlair-Hm-nl que nous ne sommes pas en un règne de petites choses, vous verrez qu'il est difficile que vons puissiez rien imaginer de trop grand, ce qui doit toutefois aller à sa proportion.

«En outre, il est nécessaire que vous ayez toujours à Toulon non-seulement le bois nér*^Mire continuer nos et cti ns

dinaires de cinq, six et sept vaisseaux chaque année, mats mesme que nous ayons toujours le bois de huit ou dix vaisseaux en magasin près du lieu où se font les constructions, afin de remédier promptement aux accidens qui pourroient arriver dans la guerre.

«Il faut faire estât d'avoir aussy h à 5,ooo pièces de canon à Toulon, et il faut que tout le reste des marchandises propres à la marine et toutes les munitions envoyées soyent dans cette proportion; et, comme je fais de doute qu'il y ayt assez de bastimens dans ledit bassin, c'est à quoy vous devez appliquer toute vostre industrie et voslro longue expérience.» (CoUwtel SeignAay, S. F. 3,oia, II, cote 5, pièce 3, fol. i65.)

1 Colbert adressait de son côté à de Terron , le 39 juillet précédent, les recommandations suivantes: «Je vous prie, sur toutes choses, de penser à élever des jeunes gens qui soycut de bonnes familles, s'il est possible, dans les emplois de marine, estant certain, vu l'augmentation des forces maritimes de Sa Majesté, que nous aurons un jour besoin de geus habiles

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