A M, DE MARLE
INTENDANT A RIOM
Sceaux , 7 aousl 1 680.
J'ay esté étonné que, attendant avec impatience vostre avis sur le brevet de la taille de la généralité de Riom [)Our l'année prochaine 1681, et tous
' Le payement du droit annuel conférait aux titulaires d'offices la faculté de les transmettre par voie de succession ou de vente. — * Voir pièce n* 87, noie.
les autres intendans et commissaires départis l'ayant envoyé il y a desjà quelque temps, je n'aye reçu de vous, par le dernier ordinaire, qu*uDe lettre par laquelle vous m'écrivez que vous ne pouvez me donner vostre avis si le Roy n accorde une diminution considérable à la généralité. C'est ce qui m'oblige de vous faire réponse sur-le-champ , pour vous dire que vous vous laissez un peu trop facilement persuader, et que , si vous vouliez bien considérer Testât des impositions des tailles depuis trente et quarante ans dans vostre généralité, vous trouveriez qu'elles n'ont jamais esté aussy basses, et, par conséquent, que vous pourriez facilement faire connoistre aux peuples combien ils sont obligés aux bontés du Roy, au lieu de condescendre aux misères affectées qui ne sont (}ue trop communes dans les provinces. £n cela, vous voudrez bien que je vous dise que vous ne satisfaites pas à vostre devoir, parce qu'il est très-important au bien de l'Estat de ne pas souflfrir que les peuples prennent des inq)ressions de cette nature, quand il y a un si grand nombre de raisons qui les doivent obliger à en j)rendre de contraires. Ne manquez donc pas à m'envoyer vostre avis sur le brevet , sans aucun retardement, parce qu'assurément le Roy y pourvoiroit d'une autre manière si^ à son retour, il trouvoil que les commissions des tailles n'eussent pas esté envoyées dans toutes les généralités, qui est le point que Sa Majesté me recommande le plus dans toutes ses lettres et qui est aussy le plus important.
(Bibl. Imp. M88. Mélangée Clairambmdt, vol. &98, foi. 568.)